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Des oies qui marchent vers l’abattoir !



par Sébastien Lacroix
C’était en 2008, tout juste après avoir traversé la crise de la grippe aviaire : Jean Roy et son fils Nicolas ont dû se résoudre à abattre eux-mêmes leur production d’oies. Les portes de tous les abattoirs leur étaient fermées.
Les oies n’entrent pas si facilement dans une chaîne d’abattage traditionnelle. Étant donné l’ampleur de leurs ailes et la sensibilité de leurs pattes, elles peuvent causer des ravages lorsqu’elles décident de se débattre.
Aujourd’hui, dans son usine de conditionnement qui est située sur la route Marie-Victorin, à Nicolet, la coopérative peut abattre 300 oies ou 1000 lapins par jour.
Elle peut aussi répondre à des besoins particuliers pour de la caille, de la dinde, du faisan, de la pintade et du poulet. Doté d’un permis C1, il est aussi possible de préparer et d’emballer les produits sous vide.
C’est l’automne dernier que Les Jardins de l’Oie ont pu roder leur tout nouvel abattoir qui a nécessité des investissements de l’ordre de 1,2 million $, dont 197 000 $ ont été subventionnés par le CLD, le MAPAQ, le MAROT et la Grande Tablée des Oies.
De dures années de labeur se cachaient derrière l’inauguration qui s’est déroulé durant l’hiver au Centre d’interprétation de l’oie blanche de Baie-du-Febvre.
Au départ, c’est dans un abattoir de fortune, au fin fonds d’une grange, qu’ils ont dû abattre leur production. «Il fallait avoir la vocation, se souvient Jean Roy. C’était très rudimentaire».
Ils ont peu à peu investi pour agrandir et passer de l’opération manuelle à l’opération sur chaîne. Ils se sont dotés d’un traitement des eaux, d’une salle de coupe, d’une cuisine, d’un entrepôt à sec et de différents équipements plus spécialisés et plus performants.
L’abattoir JDO répond maintenant à toutes les normes provinciales et tout a été prévu pour obtenir un permis fédéral.
Une meilleure qualité des produits
Pour la coopérative Les Jardins de l’Oie, la grande proximité de son abattoir lui permet d’améliorer la qualité de ses produits qui sont vendus sur place et dans quelques épiceries. «Toute sa vie, il faut éviter de stresser l’oie pour s’assurer de la qualité du foie gras. C’est certain qu’elles sont stressées par les longs transports», explique Nicolas Roy.
«À la fin, il fallait allait faire abattre à Toronto, rappelle Jean Roy. La qualité de la viande baisse. Elle se déshydrate. C’est aussi une question de bien-être animal, parce que l’oie que nous avons gavée fait tout ce voyage avec la cage thoracique comprimée».
«En France, ils ne font pas plus de 20 à 25 kilomètres pour avoir la meilleure qualité de foie gras possible. En dedans de 150 kilomètres, c’est acceptable, indique-t-il. Dans notre cas, elles peuvent presque s’en venir en marchant!»
Pour revitaliser l’agriculture en région
«Les investissements sont minimes pour se partir dans la production d’oies, mais ça te prends un abattoir. Tu ne peux pas démarrer sans ça», continu Jean Roy, qui a commencé dans le domaine il y a une douzaine d’années avec des bâtiments désaffectés.
«Nous offrons le service. On espère que la roue va repartir et que ça revitalisera l’agriculture en région, lance-t-il. Ce que nous visons, c’est d’avoir une dizaine de producteurs réguliers pour faire fonctionner l’usine au moins trois jours par semaine»