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Le Plan Nord, un avenir pour l’agriculture du Québec !




par Yannick Patelli
À en croire le ministre de l’Agriculture du Québec, Pierre Corbeil, le Plan Nord est une voie d’avenir pas seulement pour ses ressources minières, mais aussi pour son potentiel bioalimentaire. Aux multiples critiques actuelles sur le Plan Nord, il rétorque qu’au-delà de l’exploitation des sols pour ses matières premières, il y a une volonté de mettre en lumière des opportunités économiques dans le secteur de l’agroalimentaire en incluant la participation active des Premières Nations dans toutes les étapes de la mise en place du projet. Le secteur agroalimentaire du Plan Nord serait, selon le ministre, le projet d’une génération autant sous l’angle économique que social.
On peut pêcher dans le Grand Nord, transformer les produits de la pêche mais bien plus que cela, on peut aussi récolter. C’est ce qui a été démontré lors d’une rencontre de presse à Québec la semaine dernière, où ont été présentés plusieurs projets pilotes permettant la culture en serres. Et oui, on peut faire pousser de la salade verte ou des piments au nord du 49e parallèle.
M. Corbeil a rappelé à l’assistance que si le Québec que nous exploitons dispose de 2 millions d’hectares de terres cultivées, il y a 1,5 million de terres arables dans le Grand Nord. La permaculture (culture adaptée au climat) permettrait alors à des populations autochtones de bénéficier d’aliments frais tout en demeurant dans leur milieu d’origine. C’est donc bon pour l’occupation du territoire par la population nordique et pour le commerce local.
Le ministère de l’Agriculture a annoncé plusieurs millions en soutien à divers projets : 1,3 million de dollars pour une stratégie de développement de la culture des petits fruits, 800 000 $ pour l’implantation de serres, 400 000 $ pour le développement des produits forestiers non ligneux (ex. : les champignons), 100 000 $ pour mettre en place une stratégie de diffusion des produits locaux du nord vers l’extérieur et 500 000 $ pour implanter un réseau de recherche au nord du 49e parallèle.
Le Québec se découvre-t-il plus nordique qu’il ne le pensait?
Alors que le ministère de l’Agriculture émet des communiqués sur l’exploitation de l’agriculture au nord, le ministère du Tourisme du Québec annonce des investissements pour des hébergements dans le Grand Nord. Cela ramène au fond du problème. Est-ce véritablement parce que le gouvernement de Jean Charest a une stratégie globale pour le développement du Nord - dans ce cas lorsqu’il quittera la politique, il laissera la marque d’un grand visionnaire ayant su préparer l’avenir du Québec - ou ces opérations de communication sont-elles faites pour détourner les critiques actuelles sur le développement minier?
M. Corbeil on s’en doute penche pour la première option: «Une fois qu’on aura inclus le Nord et le Sud, on pourra parler du Québec. Le Québec ce n’est pas juste les deux rives le long du St-Laurent», de dire le ministre.
M. Hervé Bernier de Biopterre, entreprise de La Pocatière spécialisée dans le développement de produits issus des plantes, présent à la rencontre, s’est montré encouragé par les intentions du gouvernement. «Il faut savoir qu’il est estimé que le marché mondial de bioproduits sera de l’ordre de 500 milliards de dollars en 2015» a exprimé M. Bernier.
Et d’ajouter: «Saviez-vous que les Finlandais, petit pays de 5 millions d’habitants, consomment 1 kg par personne et par an de produits provenant de la forêt, ce qui représente 600 millions de dollars par an de retombées économiques directes dans l’économie finlandaise».
Le gouvernement libéral a enclenché les opérations séduction sur le thème du Plan Nord. 2012 sera-t-elle une année d’élections? Chose certaine si Jean Charest retourne en campagne, le vent du nord soufflera !