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Création de l'Union des agriculteurs libres, un syndicat dissident



QUÉBEC, le 6 sept. 2011 /CNW Telbec/ - Au moment où le gouvernement du Québec entame une autre consultation du milieu dans le cadre du Livre vert sur la politique bioalimentaire qui vise à rénover le cadre agricole québécois figé depuis 50 ans, l'Union des agriculteurs libres (UAL), un nouveau syndicat professionnel d'agriculteurs, compte prendre tous les moyens médiatiques, administratifs, politiques et judiciaires afin d'inciter le gouvernement à démanteler le monopole syndical de l'UPA.
Pilier de la politique agricole et agroalimentaire datant d'une époque depuis longtemps révolue, la mainmise des fédérations de producteurs affiliées au syndicat unique de l'UPA engendre des iniquités, des injustices et des aberrations dont font les frais agriculteurs et consommateurs selon Me Hans Mercier qui représente l'UAL. Me Mercier, un avocat qui a livré une dure bataille juridique opposant des acériculteurs de la Beauce à leur fédération affiliée à l'UPA, souhaite éventuellement contester la constitutionnalité de la syndicalisation unique : « La méthode douce n'a pas fonctionné, la conciliation non plus et les agriculteurs n'ont jamais été si consultés dans la dernière décennie. Le remède à bien des maux qui affectent notre agriculture a été identifié à maintes reprises. Ne manque que la volonté politique pour prescrire la fin du monopole syndical de l'UPA. Mais rien dans le Livre vert et le projet de loi 21 ne laisse présager que le gouvernement ira de l'avant. Nous, on se regroupe en syndicat professionnel d'agriculteurs. En tant que syndicat dissident, nous allons combattre sur le même terrain. La loi doit permettre à tous les agriculteurs d'adhérer au syndicat de leur choix ». À terme, l'Union souhaite aussi l'assouplissement des mécanismes actuels de mise en marché contrôlés par les offices de producteurs, c'est-à-dire encore une fois l'UPA.
Depuis sa création en juillet dernier, l'UAL fait le plein de nouveaux membres issus de diverses productions agricoles, telles que les secteurs du porc, du bœuf, du lait, du sirop d'érable, de la forêt, des pommes, des fraises, des bleuets, des framboises, et autres. Le recrutement va bon train et ce, même dans le contexte de la haute saison agricole. Déjà, le syndicat compte plus d'une centaine d'agriculteurs professionnels issus de nombreuses régions du Québec, notamment de la Beauce, de Chaudière-Appalaches, du Bas-Saint-Laurent, de l'Estrie, des Laurentides et de l'Outaouais.
La délégation de l'Union des agriculteurs libres présente à la conférence de presse tenue cet après-midi à Québec comptait la présidente, Mme Doris Pelletier, agricultrice, et le secrétaire M. Yvan Grenier, homme d'affaires beauceron et acériculteur. De plus, d'autres membres de l'Union des agriculteurs libres étaient présents, notamment messieurs Clément Nadeau de la ferme Eugène Nadeau et fils inc. (éleveur de porcs et de bœufs), Adrien Brault, important producteur laitier, de même que Louis-Ange Vachon (éleveur de bœufs et acériculteur).
Rappelons qu'en 1965, l'Union des cultivateurs catholiques, ancêtre de l'Union des producteurs agricoles, obtenait le droit de créer des agences de vente obligatoires permettant aux agriculteurs de créer un certain rapport de forces avec les acheteurs, dont certains profitaient du faible niveau d'instruction et du manque de cohésion des cultivateurs. En 1972, le ministère de l'Agriculture, des Pêcheries et de l'Alimentation (MAPAQ) adopte une loi obligeant tout producteur agricole à adhérer à l'UPA, laquelle devient alors le seul syndicat reconnu par le gouvernement. Par la suite, l'UPA étendra son emprise sur l'agriculture et l'agroalimentaire en multipliant les fédérations de producteurs qui agissent comme agences de vente obligatoires. Ces agences déterminent le volume de production autorisé pour chaque producteur et le défaut de s'y conformer peut entraîner de lourdes pénalités financières pouvant mettre en péril l'exploitation agricole, particulièrement pour la ferme familiale.
Source : Union des agriculteurs libres