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Une autre lettre ouverte au ministre sur la situation dans l'industrie du porc



Monsieur Pierre Corbeil
Ministre de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation du Québec
200, chemin Sainte-Foy, 12e étage
Québec (Québec) G1R 4X6
Objet : Avenir de la production porcine pour les régions
Monsieur le Ministre,
Permettez-moi de vous présenter mon entreprise :
Les Élevages du Ruisseau Inc.
205, rang des Moreau
Saint-Pamphile
Nombre de truies : 300
Nombre de porcs produits/ année : 7 000
Nombre d’employés rémunérés : 3
Employé non rémunéré : M. Honoré Leclerc (père)
Reconnaissance :
Finaliste ferme porcine en 1996 et 2005
Grand gagnant ferme porcine en 2007
Vous pouvez déjà constater que mon entreprise représente un apport économique appréciable pour la municipalité de Saint-Pamphile et voire même tout le haut du comté de L’Islet. Aussi, vous remarquerez que sans le soutien de mon père qui me fournit malgré son âge, environ 50 heures de travail par semaine, j’aurais dû fermer mon entreprise bien avant. Je tiens aussi à vous préciser que sans le travail méticuleux de tous mes employés, sans les résultats techniques performants de mon troupeau, sans l’adoption et le suivi des technologies performantes, je n’aurais pas réussi à compenser les coûts supplémentaires de transport, d’alimentation et autres intrants qui sont attribués aux entreprises des régions.
Je m’interroge maintenant sur la volonté de votre ministère, du gouvernement et tout spécifiquement, de La Financière agricole du Québec (FADQ) de maintenir l’agriculture dans toutes les régions et plus particulièrement, la production porcine! Présentement, le producteur verse 12,84 $ par porc (retenu sur le premier versement d’assurance stabilisation) le fédéral et le provincial versent un tiers chacun représentant près de 100 000 $ de dépenses par année pour moi.
Notre fédération avait négocié une entente avec la FADQ pour la durée de remboursement du prêt; qui était de 15 ans à l'origine, mais qui dans la réalité, sera fait en 4 ans si le rythme imposé des remboursements se maintient. Pour une entreprise comme la mienne, cela représente environ 84 000 $ de plus à rembourser par année. En effet, dans le calcul du coût de production moyen des entreprises porcines ; l’évaluation à la baisse de 12 $ par porc de même que le salaire de l’ouvrier agricole évalué de façon erronée à 5 000 $ par année provoque un coût de production calculé trop bas par rapport à la réalité. Plusieurs mesures de resserrement ont été mises en place sans analyser leurs impacts et les conséquences désastreuses pour nos entreprises.
En plus, les programmes de stratégie d’adaptation et de multifonctionnalité ne permettent pas de compenser les coupures subies tant au niveau de ces mesures de resserrement qu’au niveau d’une sous-évaluation du coût de production. D’ailleurs, malgré le fait que présentement ma situation financière est précaire, j’ai été refusé au programme de la stratégie de soutien à l’adaptation des entreprises agricoles. J’évalue un manque à gagner de plus de 100 000 $ par année en raison de toutes les modifications au modèle du coût de production et les mesures de resserrement.
Devons-nous en déduire que vous nous abandonnez au profit de la culture paysagère, de la rénovation de vieux bâtiments…? Est-ce une façon détournée de prendre une partie du budget de votre ministère et le diriger vers celui du ministère du Tourisme, du ministère des Affaires Municipales, Régions et Occupations du territoire?
Je crois que les producteurs ont la volonté et veulent de l’aide pour passer à travers cette crise qui persiste depuis près de 5 ans et qui est de plus en plus difficile avec les années. C'est pourquoi; que diminuer la prime d’assurance stabilisation, offrir des prêts sans intérêt et des programmes plus accessibles sont selon moi des mesures d’aide réalisables et urgentes.
J’espère donc que vous agirez promptement à ramener à l’ordre les gestionnaires de la FADQ, afin qu’ils remplissent adéquatement leur mission soit de respecter les ententes et d’être réaliste dans l’étude du coût de production.
Veuillez recevoir mes meilleures salutations.
Stéphan Leclerc, producteur de porcs