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Livre vert attendu: l'état doit jouer son rôle



Longueuil, le vendredi 25 mars 2011 – Réunis en assemblée annuelle, les membres de la Coalition pour la souveraineté alimentaire interpellent le gouvernement du Québec. « Le livre vert attendu d’une première politique agricole et alimentaire doit clairement dépasser l’approche de l’adaptation aux marchés à laquelle les derniers gouvernements nous ont habitués et qui laisse libre cours à l’alimentation et à l’agriculture à plusieurs vitesses » d’insister Christian Lacasse, président de la Coalition et président de l’Union des producteurs agricoles. Les nombreuses iniquités subies par les consommateurs, les travailleurs et les agriculteurs ne se régleront pas par leur seule volonté ou celle des commerçants. L’État doit jouer pleinement son rôle. Comme pour les banques canadiennes, il faudra bien des règles claires, des limites à ne pas franchir, qu’il s’agisse de prix et de qualité de l’offre alimentaire, de revenus agricoles ou d’environnement.
L’État se contentera-t-il de suggérer aux citoyens de faire le travail (consommation responsable) et de mettre le Québec dans leurs assiettes ou modifiera-t-il enfin ses propres règles d’achat dans les établissements publics où des aliments sont servis? « L’État doit donner l’exemple à cet égard et mettre, lui aussi, le Québec dans nos assiettes en plus d’imposer aux supermarchés des seuils ambitieux d’approvisionnement en aliments du Québec », a affirmé Alain Bouchard, membre du conseil d’administration de la Coalition et secrétaire général de la Fédération des coopératives d’alimentation du Québec. « Est-il acceptable que les citoyens des quartiers les plus pauvres des villes du Québec ne puissent compter que sur des dépanneurs pour s’approvisionner? Est-il normal que des aliments sains de base soient vendus au détail à des prix très différents selon que l’on habite Sept-Îles ou Outremont? », a fait valoir Jean-Paul Faniel, vice-président de la Coalition et coordonnateur de la Table de concertation sur la faim et le développement social du Montréal métropolitain.
Le ministère de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation du Québec s’en remettra-t-il aux autres ministères (Santé, Éducation, Environnement, Solidarité sociale) pour régler ces problèmes en se cantonnant dans une vision de conquête des marchés? «Le gouvernement doit comprendre qu’il y a quelque chose du service public, du bien commun, dans le système alimentaire et agricole », a ajouté M. Faniel.
Ce livre vert de politique agricole et alimentaire doit aussi prévoir la création d’un secrétariat à l’ « exception ou à la singularité agricole et alimentaire », qui conseillerait les instances politiques sur les meilleures pistes pour recouvrer son propre espace législatif, dans ce contexte où la gouvernance étatique est de plus en plus piétinée par les nombreux accords commerciaux. « Le gouvernement doit soutenir notre Coalition dans son travail sérieux de veille et de mobilisation, comme il l’a fait pour la culture, la ruralité ou les changements climatiques», a rajouté M. Lacasse.
La Coalition pour la souveraineté alimentaire regroupe plus de 80 organisations du Québec et du Canada ainsi que des experts. Elle a été fondée en octobre 2008, un an après la tenue à Montréal du premier Rendez-vous québécois pour la souveraineté alimentaire, par les signataires de la Déclaration de Montréal intitulée « Pour un nouveau contrat social renouvelé sur la base de la souveraineté alimentaire ». Pour en savoir plus, on peut consulter son site Web à www.nourrirnotremonde.org.

Source: Frédéric Paré