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UPA: Le morcellement du rapport de force des producteurs va à l’encontre de leurs intérêts



Longueuil, le 14 janvier 2011 – Le morcellement du rapport de force des producteurs va à l’encontre de leurs intérêts et de toute norme syndicale au Québec. C’est ce qu’affirme l’Union de producteurs agricoles (UPA) suite à la publication d’un article de la presse Canadienne.
Dans un contexte de mondialisation où l’industrie agroalimentaire connaît une concentration accélérée, le rapport de force des agriculteurs, qui dirigent des entreprises de petite taille, vis-à-vis des géants de la transformation et de la distribution est de plus en plus malmené. En réponse aux problèmes que posait pour les agriculteurs l’évolution de l’industrie agroalimentaire, l’État québécois a rétabli un certain équilibre en se tournant vers un « arrangement institutionnel » avec le monde agricole, favorisant le développement d’un modèle original, l’action collective.
Encore aujourd’hui, le principal moyen pour les producteurs agricoles de défendre leurs intérêts face aux impératifs des multinationales est leur capacité de se regrouper, dans une organisation forte et solidaire. Ce moyen est reconnu par l’État et appuyé par l’ensemble des agriculteurs du Québec (95 %), tous secteurs de productions et toutes régions confondues. Et ils le font à travers leur organisation syndicale, l’Union des producteurs agricoles. Mais on peut s’interroger : à qui profiterait l’affaiblissement des agriculteurs? Peut-être aux géants qui disposent de moyens faramineux pour fixer les règles du jeu, mais certainement pas aux principaux intéressés, les agriculteurs. Comme le souligne une récente étude de l’Institut de recherche en économie contemporaine (IRÉC), « il y a lieu de se questionner sur l’insistance /… / à poser la représentation syndicale unique comme un frein au développement de cette cohésion. Au contraire, pour bien jouer de tous ses atouts, le monde agricole québécois a besoin d’une vision commune et d’une capacité de concertation qui peut lui permettre de faire contrepoids à des puissances économiques n’ayant qu’un but : soumettre la production aux seules lois de la concurrence et du profit en faisant le jeu de corporations dont les centres de décisions et les intérêts sont, de bien des manières, éloignés du Québec et de ses valeurs ».
Rappelons que l’accréditation unique est le régime syndical reconnu partout au Québec. L’agriculture ne fait pas exception à cette norme. Et cette formule est d’autant plus pertinente dans un secteur aussi concentré et sensible.
Toutefois, l’UPA reconnaît aussi le principe de liberté d’association syndicale en agriculture. Si un autre groupe fait la preuve qu’il représente plus de 50 % des agriculteurs, il serait tout à fait légitime qu’il obtienne l’accréditation syndicale, de la même manière que L’UPA est actuellement l’association accréditée reconnue, avec un taux d’adhésion volontaire de 95 %.
L’heure est à la cohésion, au renforcement des outils collectifs des agriculteurs et au maintien d’une agriculture à dimension humaine, réalisée par une multitude de fermes ancrées dans toutes les régions, fournissant à la population des aliments sains, produits dans une perspective de développement durable et d’équité. C’est justement ce que l’UPA suggère dans sa vision de la future politique agricole et agroalimentaire, Le Pouvoir de se nourrir. C’est une question de souveraineté alimentaire.
Source: Éliane Hamel