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S’inspirer des modèles d’ailleurs… mais jusqu’au bout !

Yannick PATELLI ,

La Suède comme modèle pour le système de retraite ?

Les défenseurs de la cause souverainiste mettent souvent de l’avant le modèle suédois, reconnu pour sa performance en social-démocratie. À l’heure où le Québec est pris pour faire des choix et probablement renégocier des ententes syndicales parfois anachroniques avec le temps présent, ne devrions-nous pas nous rappeler que la Suède a réformé son système de retraite dès les années 90 ? Il ne suffit pas de regarder ailleurs, il faut aussi s’en inspirer ! En Suède, jamais la compétitivité n’est opposée à la solidarité. Les deux valeurs y sont plutôt complémentaires !

L’Écosse pétrolière a inspiré certains souverainistes

L’Écosse a été l’attraction des médias du monde entier, il y a quelques semaines, à cause du référendum sur sa souveraineté voulue par une partie de sa population. Si les ambitions d’une tranche de sa population en faveur de l’indépendance sont honorables, ne faut-il pas que les souverainistes d’ici tirent toutes les conclusions de la comparaison entre le Québec et l’Écosse ? Faut-il collectivement prendre conscience, que l’on soit souverainiste ou fédéraliste, que dans sa séduction d’un électorat indépendantiste, l’Écosse avait un énorme atout dans sa besace : Elle est détentrice de 60 % des réserves de pétrole de l’Europe. Si le Québec veut prendre sa destinée en main et assurer l’avenir des nouvelles générations que ce soit dans la fédération canadienne ou en dehors, l’impératif n’est-il  pas de créer de la richesse ?  Est-il prématuré de se poser la question du système politique dans lequel fonctionner ? Pour l’heure, nous constatons, dans des courriers de lecteurs que nous recevons, d’innombrables freins à la production pétrolière dans notre société. Qu’il soit justifié de critiquer l’implantation d’infrastructures sur le territoire provincial en raison de mauvaises redevances ou de risques environnementaux majeurs est une chose, mais refuser l’exploitation de richesses dans son ensemble en est une autre !

Les acquis du passé, faits pour s’adapter ?

Dans le monde agricole enclin à s’adapter à une société québécoise moderne, nous ne pouvons pas ne pas évoquer le cas du monopole de L’UPA ? Ce monopole a été d’un grand recours dans le passé pour mettre au centre de notre économie l’agriculture du Québec. Mais en 2014, n’ est-il pas normal d’accepter de se poser la question comme le fait courageusement l’ancien ministre Yvon Picotte dans sa dernière chronique, à savoir si l’agriculture québécoise peut encore se développer autour d’un seul schéma ?

Plusieurs producteurs et parfois même des décideurs se manifestent auprès de notre publication pour souligner que MM. Cartier et Girouard ont en partie raison dans leur volonté d’obtenir le pluralisme syndical. Acceptons au moins d’en débattre ! Jean Garon, alors qu’il a lui-même œuvré pendant neuf ans comme ministre de l’Agriculture en acceptant le monopole syndical, a marqué sur la fin de sa vie une ouverture au pluralisme. Yvon Picotte, ancien ministre de l’agriculture du Québec, d’un tout autre parti que M. Garon, vous en conviendrez, dans sa chronique de septembre dans La Vie Agricole, intitulée : ``Qui a peur ?`` ouvre lui aussi la porte à plus de souplesse dans la représentation syndicale. Même le ministre Paradis, en poste actuellement nous a confié ce mois-ci `` ne pas fermer la porte au pluralisme syndical !``.

Il semble donc que dans plusieurs domaines, le Québec qui a connu un formidable essor depuis 1970, ne doit pas rester figé dans un modèle du passé qui pourrait l’amener à ne plus être en interaction avec le monde moderne !