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Jean Garon engagé pour l’agriculture québécoise jusqu'à la fin !

Yan TURMINE, agr. ,

Ce mardi premier juillet 2014, le Québec agricole perdait un grand serviteur de l’état, l’ex-ministre de l’Agriculture monsieur Jean Garon. Cet homme très cultivé, engagé à la cause de l’indépendance  et travailleur acharné s’est vu confier par René Lévesque le poste de ministre de l’Agriculture. Un poste important aux yeux de René Levesque, car l’on ne construit pas un pays sans agriculture et sans ses régions.  Conscient de l’importance du mandat,  Jean Garon  releva ce défi pendant 9 ans et mit en place toute une série de mesures qui encore aujourd’hui sont l’ossature de notre politique agricole. Il fut sans aucun doute le plus grand ministre de l’agriculture du Québec contemporain.

Lorsque Jean Garon était ministre, j’étais à l’école. Comme étudiant il m’était difficile de mesurer l’importance des changements que le gouvernement Levesque apportait  à l’agriculture, cependant l’on sentait que quelque chose bougeait, et ce rapidement.  C’est au cours de ma carrière que j’ai pu voir l’ampleur de ces changements et à quel point les politiques mises en place par Jean Garon ont modelé l’agriculture québécoise.

Il est surprenant d’en entendre certains  mentionner que Jean Garon est un homme d’une autre époque.  Encore aujourd’hui l’héritage de Garon est présent, et  très d’actualité. On n’a qu’à penser à la loi du zonage agricole, qui assure la protection des terres agricoles. Quoi de plus d’actualité et d’opportun dans un contexte de spéculation sur les terres agricoles où l’on craint l’accaparement des terres par de grands groupes financiers. La bonne application de cette loi avec quelques modifications réglementaires serait pourtant un rempart efficace.

Autre dossier favori de Jean Garon, le dossier du soutien des  fermes familiales par les programmes gouvernementaux,  clé du développement agricole au Québec.  Ce soutien donna naissance au régime d’assurance stabilisation  et au soutien gouvernemental au modèle syndical agricole québécois.  Monsieur Garon était très critique vis-à-vis le manque de soutien que la ferme familiale  avait aujourd’hui, de par l’utilisation des fonds publics dans les programmes ouverts à l’intégration,autant que du manque soutien syndical à la ferme familiale. Certes, l’agriculture a évolué depuis trente ans, cependant le rôle de la ferme familiale doit rester  au centre de cette évolution, Jean Garon en était très conscient et n’hésitait pas  à le souligner.

 

 

 

 

 

Un personnage plus grand que nature !

Autre débat qui  était cher à Jean Garon ces dernières années, l’autosuffisance alimentaire. Il a toujours considéré cet objectif comme primordial, comme le reflet de la force d’une nation.  Il déplorait le peu d’efforts mis dans les mesures de cette autosuffisance et dans le peu  d’actions à l’atteindre. Pourtant à voir la popularité des produits du Québec, il semble encore là que sa vision de l’agriculture est d’actualité.

 

J’ai eu l’occasion au cours des dernières années de côtoyer cet homme, un personnage plus grand que nature, pour qui politique rime avec conviction et qui resta attaché au sort de l’agriculture québécoise jusqu'à la fin, pratiquement 30 ans après ses 9 ans comme ministre de l’Agriculture, pas si mal pour un avocat économiste.