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Le vrai visage de PKP !

Yannick PATELLI ,

Le monde vit des troubles politiques majeurs face à une montée de l’islamisation radicale de certaines régions du globe. Le Canada  a été frappé par du terrorisme au cœur même du symbole de sa démocratie et le Québec depuis des semaines s’interroge sur le double rôle que pourrait jouer Pierre-Karl Péladeau (PKP) comme potentiel futur chef de parti et éventuel chef d’État ! Reconnaissons que chaque zone géographique de la planète n’a pas les mêmes soucis quotidiens !

Je tiens simplement à témoigner sur ce que je pense être ``le vrai visage de PKP`` puisqu’il semble qu’aucun média au Québec ne doive échapper à ce sujet. Il est certes au cœur de notre actualité suite aux projets de motions sur la liberté de presse en préparation au Parlement à Québec. Certains jouent cette motion comme étant une barrière à PKP pour ne pas trouver ce leader né sur leur chemin politique, d’autres essayent de déclarer cette motion comme étant plus généraliste dans l’esprit d’une réelle indépendance de la presse face au pouvoir. Personne ne nie l’influence que peut avoir un patron de presse sur son empire, même le principal intéressé a déclaré qu’il mettrait ses actions en fiducie s’il devait accéder à une fonction de plus grande autorité que celle de député. Toutefois il ne faut pas non plus exagérer. Qui peut vraiment prétendre que d’autres grands propriétaires de presse,sans entrer dans l’arène politique, ne jouent pas une réelle influence sur des chefs d’État et cela partout dans le monde !

Le rapport Payette perdu comme le rapport Pronovost ?

Le vrai problème de la presse est-il l’influence ou la concentration ? Pour ce qui de la concentration de la presse, qui à mon sens est un autre problème que l’indépendance de l’information, on peut effectivement se référer, comme le rappelle très bien Gilbert Lavoie dans Le Soleil du samedi 25 octobre, au rapport Payette commandé par Christine Saint-Pierre sous le gouvernement Charest. Est-il perdu sur une tablette d’un ministère comme les rapports Pronovost et Saint-Pierre dans le domaine agricole l’ont été pendant des années. Heureusement une récente déclaration du ministre de l’agriculture, Pierre Paradis à La Vie Agricole, a confirmé qu’il les relisait actuellement. Nous avons hâte d’en apprendre plus sur le résumé qu’il en fera.

Concernant le rapport Payette, je peux quelque peu témoigner pour y avoir participé à titre d’éditeur consulté. J’étais alors éditeur d’une coopérative de presse régionale. Pour avoir pris connaissance des conclusions, il alarmait surtout sur la diminution des sources d’information notamment en région. Pour ce qui est de l’influence politique sur la presse, de mon passé d’éditeur en région, je peux confirmer qu’il ne nécessite pas obligatoirement qu’un député ou un maire détienne un média en région pour qu’ils essayent (et réussissent parfois) d'user de leur pouvoir pour contrôler des messages.

Pour revenir à PKP, l’objet de toutes les discussions au Québec ces derniers temps, je témoigne donc que lors de mon rôle d’éditeur régional, je fus aussi secrétaire de la défunte association de la presse indépendante du Québec (APIQ) qui visait à coordonner une défense pleine et entière de la presse indépendante au Québec. Cette association qui se voulait au départ à la défense de toute la presse régionale a finalement réduit son mandat et a été fusionnée à  l’Association des Hebdos du Québec mais ça c’est une autre histoire !

Un PKP à l’ADN nationaliste, un homme soucieux de l’autonomie des régions ?

Mon rôle au sein de l’APIQ m’a amené à rencontrer les deux présidents des multinationales en charge de la grande majorité des hebdos du Québec à l’époque chez Transcontinental comme chez Quebecor. Pour ce qui est de ce groupe dans l’œil de la tourmente en ce moment, j’ai eu à rencontrer Pierre-Karl Péladeau en janvier 2012. Je ne nie pas que la première rencontre ne se voulait pas des plus amicales puisque basée sur une discussion liée à la concentration de la presse. Au fil de la rencontre qui dura plusieurs heures, je pense avoir décelé un réel intérêt chez cet homme pour le Québec et ses régions (même si j’étais loin de me douter qu’il se lancerait en politique un jour et dans quel parti). Son ADN nationaliste a explosé en cours de réunion alors qu’il pestait contre l’arrivée d’un entraineur unilingue anglophone dans l’équipe de hockey des Canadiens de Montréal. Mais ce jour-là, il a aussi passé des messages en faveur du développement des régions. Dans les mois qui ont suivi alors que je l’ai sollicité pour que Quebecor coédite les mémoires de Jean Garon : Pour tout vous dire, ce fut un oui immédiat (et là encore, je n’avais aucun signal de son intérêt pour la politique) mais il est clair que cet homme, de par ce choix, voulait témoigner des réalisations d’un grand homme politique. S’en est suivi une collaboration avec la région pour laquelle je travaillais, qu’il a aidée en vendant au journal coopératif où j’étais éditeur, son journal régional de Quebecor et en amenant des journaux lui appartenant d’autres régions dans l’imprimerie locale en partie propriété à l’époque de la coopérative. Chacun pensera ce qu’il veut de cette démarche, mais je me permets de croire que Pierre-Karl Péladeau, que ce soit dans le cadre du projet Garon, ou du projet Presses du Fleuve à Montmagny, a fait acte de sensibilité et d’intérêt pour une cause régionale. Qu’il ait vendu par la suite tous ses hebdos dans les régions est à mon avis de bonne augure pour les régions. Puisque la nature a horreur du vide, nombre de régions verront pousser des journaux compétiteurs face à l’autre multinationale qui gère actuellement une certaine convergence des hebdos au Québec. La commission sur l’indépendance de la presse n’est pas officielle mais puisque chacun y va de son interprétation en ce moment, il m’apparait justifié en tant qu’éditeur du seul journal agricole et indépendant (dans le sens n’appartenant à aucun groupe de presse), La Vie Agricole, de m’exprimer pour témoigner de ce que je sais, sans le connaitre intimement, de Pierre-Karl Péladeau.