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Fromages, libre échange et SADAQ au forum agricole de Montmagny

Jean-Pierre LEMIEUX ,

Lionel Levac, Pascal-André Bisson, Marcel Groleau, Paul Lecomte et Pierre Rhéaume (Photo: Jean-Pierre Lemieux)

MONTMAGNY – 21 août 2014 - L'impact qu'aura, notamment sur les producteurs de fromages fins, la signature de l'accord de libre échange avec l'Europe et l'avenir de l'agriculture au Québec en considérant la valeur des terres agricoles, voilà les deux principaux sujets qui attiraient l'attention des participants au « débat » organisé dans le cadre de l'Exposition provinciale de Montmagny.

« La grande problématique qu'on a sur l'entente de libre échange c'est qu'on a pas d'information ». Pour l'un des panélistes, M. Pascal-André Bisson, propriétaire de la Fromagerie Mouton blanc à La Pocatière, tout va dépendre du taux de change de l'Euro. « Si la parité s'installe ce sera assez catastrophique » de prévenir M. Bisson.

Le producteur de fromage explique: « produire un kilo de fromage au Canada coûte environ 7.30$ tandis qu'en Europe c'est entre 4.45$ et 4.55$ pour produire le même kilo. En plus on ajoute un 19% de subventions directes sur l'ensemble de l'agriculture en Europe ».

Pour le président de l'Union des producteurs agricoles, M. Marcel Groleau, la question de savoir qui va détenir les quotas d'importation est très importante de même que les compensations. « Le gouvernement fédéral a prévu des compensations mais on a rien vue des couleurs de ces compensations ni la forme que cela pourrait prendre. »

« Le gouvernement semble frileux par rapport aux solutions ». Selon M. Bisson il y en a, il faudrait aller plus rapidement vers « des appellations réservées et des termes valorisants (CARTV) ».

SADAQ

Le dossier controversé des SADAQ s'est un peu invité dans la discussion quand, le matin même, le journal La Terre de chez nous annonçait que le ministre de l'Agriculture reportait « aux calandres grecques » la création d'une Société d'aménagement et de développement agricole.

Il était justement question de l'accaparement des terres et du prix élevées de celles-ci durant le débat. Ce sujet a aussi un impact assez directe sur la relève en agriculture.

M. Marcel Groleau, qui a rencontré le ministre Pierre Paradis en juillet, est très conscient que la SADAQ ne faisait pas l'unanimité auprès des producteurs. « Ça ne veut pas dire que le problème est réglé pour autant ». Le prix des terres est très élevé, M. Groleau ajoute : « même pour consolider des entreprises existantes, ou pour intéresser la relève à investir en agriculture ça va devenir un frein ».

Forum

Ce n'était pas un débat, tous les participants étaient du même bord. Les sujets abordés n'étaient pas ceux attendus par plusieurs. Quoiqu'il est soit le forum sur des grands enjeux de l'agriculture au Québec qui se tenait hier à l'exposition provinciale de Montmagny a attiré environ 50 personnes, principalement des jeunes. Sans doute attirés par l'enjeu annoncé sur la relève, les jeunes ont peut-être été déçus car le sujet a été escamoté parce que la rencontre dépassait les deux heures au moment d'aborder cette question. La quatrième question sur l'agro-environnement et les OGM complètement écartée pour sauver un peu de temps.

À Montmagny

Est-ce que l'exposition aura plus de succès, plus de visiteurs, que celle de l'an dernier? En tous cas elle s'est découvert un ardent défenseur. L'un des panélistes, le journaliste de Radio-Canada, M. Lionel Levac, y est même allé d'un « Vive Montmagny » en soulignant que Québec avait fait une gaffe en laissant tomber les jugements d'animaux. 

« La ville de Québec et Expo-Cité ont fait une gaffe majeure en abandonnant le volet agricole ». M. Levac a ajouté : « Tant pis pour Québec, tant mieux pour Montmagny ».