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«C’est l’autoroute de la honte» - Josée Bilodeau

Doris LANGEVIN ,

«Le gouvernement du Québec nous fait un affront en abusant de ses pouvoirs législatifs pour changer une loi existante afin de parvenir à ses fins. De plus, il va à l’encontre des lois environnementales en ignorant les recommandations du BAPE quant au tracé du prolongement de l’autoroute 73» confie Josée Bilodeau à La Vie Agricole.

La déception est palpable dans la voix de Josée Bilodeau aux lendemains de la décision du juge de la Cour supérieure qui donne raison au  gouvernement du Québec dans le dossier du prolongement de l’autoroute 73. Le gouvernement a ainsi choisi par décret un tracé qui coupe les terres de Mme Bilodeau et de son conjoint Pascal Veilleux, ainsi que de celles de ses voisins propriétaires de la Ferme Bertnor, située à Beauceville.

 Malgré le dur combat juridique mené par les propriétaires terriens, le gouvernement a émis une loi spéciale au début de l’été 2011 qui valide ledit décret. Une loi que les propriétaires ont tenté en vain de faire invalider. Le couperet est tombé le 3 juillet dernier et les propriétaires n’ont d’autre choix que d’abandonner la partie.

 «C’est l’autoroute de la honte, ni plus ni moins, décrie Mme Bilodeau avec résignation. Et le jugement rendu prouve que le gouvernement se met au-dessus des lois qu’il adopte lui-même en changeant les règles quand ça ne fait pas son affaire».

 Les propriétaires beaucevillois déplorent surtout que le gouvernement ait repoussé du revers de la main l’autre tracé proposé qui ne grugeait aucunement leurs terres. La bataille juridique leur aura coûté beaucoup de temps, d’énergie et aussi de sous. Ils ont donc déposé une poursuite au civil de 400 000 $ contre le gouvernement pour que celui-ci rembourse les frais juridiques encourus depuis plus de 6 ans. 
D’autre part, les propriétaires s’attendent d’ici quelques jours à une offre d’expropriation de la part du gouvernement qui attend sans doute la fin du droit d’appel des propriétaires.