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L’ensilage champion pour produire du lait

Nathalie GENTESSE, M.Sc., agr. ,

N’est pas champion qui veut! Ça demande parfois des années et ça ne vient jamais du hasard. Bien qu’un peu de clémence de Dame météo soit toujours appréciée, ce sont de multiples actions qui décideront de l’excellence ou d’un résultat moyen en termes d’efficacité de votre ensilage à produire du lait. Cela démarre avec le mélange d’espèces choisi, les techniques d’implantation, la fertilisation et finalement la maturité et la méthode de récolte et d’entreposage.

Au-delà de la protéine brute et de l’énergie calculée sur le rapport de laboratoire, bien des paramètres s’inscrivent dans l’évaluation de la qualité d’un ensilage. Par exemple, on évalue le potentiel de consommation d’un fourrage d’après sa teneur en NDF. Plus le fourrage est jeune lors de la récolte, moins la quantité de NDF est élevée, et plus la vache consomme  de grandes quantités de cette herbe jeune. Le choix de cultivars de graminées tardives en association avec le trèfle ou la luzerne permet de maintenir un niveau de NDF plus bas dans l’ensilage ou le foin.

Plus la digestibilité de la fibre (NDFD) est élevée, meilleure est la production de lait.  Ce sont les feuilles des plantes qui sont le plus digestibles pour les ruminants. Lors d’une première coupe faite tôt au printemps, le temps frais et les jours longs favorisent une croissance abondante de feuilles dans les plantes fourragères. Faucher tôt au printemps assure la meilleure digestibilité de la NDF parmi toutes les coupes.

La quantité de sucres solubles ou d’hydrates de carbones non structuraux (HCNS) reflète à la fois la maturité à la fauche, la méthode de récolte,  le choix des espèces et la justesse du mélange de plantes fourragères en termes de synchronisme de maturité. On recherche évidemment le plus de sucres possible dans les fourrages. Les fourrages les plus sucrés, à cause de leur facilité de digestion pour les bactéries du rumen entrainent une fermentation active favorable à la production de lait et de composantes, en plus de favoriser la fermentation lors de l’entreposage. Le trèfle et la fétuque élevée sont les plantes fourragères les plus sucrées. Moins les plants coupés restent longtemps dans le champ, plus le taux de sucre de l’ensilage est abondant. Pour le foin sec, la fauche en après-midi  permet d’obtenir significativement plus de sucres que la fauche en avant-midi.

L’aliment servi au troupeau ne peut être meilleur que les caractéristiques de la plante récoltée et de sa conservation. Le pH, les acides lactique, acétique et butyrique, l’ammoniaque et la protéine liée à la fibre sont tous des indicateurs des conditions de fermentation de l’ensilage. Compte tenu de la résistance des légumineuses à la baisse du pH de l’ensilage, le fait de cultiver des mélanges fourragers contenant une portion de graminées s’avère une bonne stratégie pour la conservation. L’ajout d’un inoculant lactique accélère la fermentation, de manière à ce que l’ensilage soit stable plus rapidement et conserve le plus de nutriments possible.

On n’obtient pas un ensilage champion de la production de lait en faisant des vœux pieux… mais en travaillant sur un détail à la fois. Préparez-donc vos plans dès maintenant!