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De nombreux défis et une agriculture à repenser

Sebastien Lacroix ,

Alain Beaudin

La mauvaise année que l’on vient de connaître et le contexte actuel sont deux éléments qui devraient porter à la réflexion, puisque l’agriculture telle qu’on la connaît est en quelque sort arrivée à la croisée des chemins. C’est du moins l’avis du commissaire de la Chambre de développement agricole de Pierre-De Saurel, Alain Beaudin, qui estime qu’il est grand temps d’explorer de nouvelles avenues pour se démarquer du reste du monde.

La mauvaise année que l’on vient de connaître et le contexte actuel sont deux éléments qui devraient porter à la réflexion, puisque l’agriculture telle qu’on la connaît est en quelque sort arrivée à la croisée des chemins. C’est du moins l’avis du commissaire de la Chambre de développement agricole de Pierre-De Saurel, Alain Beaudin, qui estime qu’il est grand temps d’explorer de nouvelles avenues pour se démarquer du reste du monde.

Dans la région de Sorel-Tracy, le monde agricole arrive en quelque sorte à la fin d’un cycle avec des propriétaires de plus en plus vieillissants. Alain Beaudin estime en effet qu’environ 42% des agriculteurs sont âgés de 55 ans et plus. « D’ici 15 ans, ils ne seront plus là », fait-il valoir.

« Si nous n’avons pas déjà commencé à explorer de nouvelles avenues, nous allons être en retard sur le reste de la planète», insiste-t-il, en donnant l’exemple de l’industrie du porc. « Le Québec était le meilleur au monde, et le Brésil a pris trois ans à nous sortir. Comment peut-on rivaliser avec un pays où il fait beau 365 jours par année? »

« C’est avec de nouvelles idées que l’on va avancer, ajoute-t-il. Il est temps de changer nos paradigmes et arrêter de se dire que ç’a toujours marché de même et que ça va continuer. »

Innover !

La nécessité d’innover est d’autant plus pressante dans le contexte actuel, autant au Québec que sur la scène internationale. D’abord, en raison de sa politique d’austérité, le gouvernement du Québec pourrait en venir à sabrer dans les programmes d’assurance-récolte. « Les gars ne pourront pas toujours avoir des entreprises de 3, 4 ou 5 millions $ et quand ça ne va pas bien, se retourner de bord et tendre la main pour qu’on les aide », fait-il valoir.

Libre-échange, un beau défi !

Ensuite, avec le libre-échange entre le Canada et l’Europe qui ouvrira bientôt les frontières à une forte concurrence… mais également à un marché très lucratif pour les producteurs qui sauront tirés leur épingle du jeu.

« On a un beau défi. Je vois ça dans mon œil, contrairement à plusieurs qui n’aiment pas l’idée du libre-échange avec l’Europe. C’est toutefois en se spécialisant que nos producteurs seront capables de se distinguer, pas en essayant de leur faire compétition sur leur propre terrain », insiste Alain Beaudin.

Selon lui, les produits à valeurs ajoutées, les productions d’appels contrôlés et les produits du terroir sont quelques-unes des avenues à explorer pour se distinguer du marché européen. « On ne pourra pas les avoir sur le volume », avertit le commissaire agricole.

Les seuls secteurs qui ont connu une année à la hausse, dans sa région, ce sont d’ailleurs les productions spécialisées, voire exotiques, telles que le wapiti, la dinde sauvage ou la caille.  « La fin de semaine, les consommateurs ont le goût d’essayer des choses qui sortent de l’ordinaire, croit-il. Quand ils vont au restaurant, ils veulent une expérience culinaire. »