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Les conseillers obscurs: une erreur

Pierre NADEAU ,

Les conseils payés ne sont pas toujours payant.

Le comportement humain n’est pas scientifique. Quoique mesurable en partie, on ne pourra jamais en faire une science exacte. C’est la raison qui dicte  aux psychologues de garder une certaine modestie dans leur diagnostic. Toutefois,  ces professionnels ne sont pas utiles dans les cours de justice car ils sont systématiquement  charcutés en contre-interrogatoires. Ce qu’on recherche plutôt, ce sont les indéfectibles partisans téméraires et prévisibles de positions dogmatiques qui présentent leur spécialité comme une science exacte. On les utilise en cour car ils facilitent le travail des avocats face aux juges ou jurés qui ont une décision importante à prendre.

Les certitudes jaugent très mal la nature humaine.

Au même titre, les économistes, comme les sondeurs et les sociologues mesurent des comportements humains. Ceux qui connaissent le mieux comment s’actualise  au jour le jour l’économie  se garderont toujours une certaine « réserve scientifique ». Ils savent que, quel que soit leurs prédictions, tout peut changer. Les meilleurs économistes savent ce que signifie d’être convoqué par son acheteur à 8h00 le lendemain matin pour se faire imposer un réduction de 1% sur le prix entendu et facturé pour la marchandise écoulée au cours des six mois précédents. Tout comme dans les cours de justice, ce ne sont pas ces derniers qui sont consultés par les politiciens qui ont des décisions importantes à prendre, par exemple, sur des ententes internationales.

Aucun expert connu, consulté !

Je ne connais aucun expert reconnu au Canada qui a été consulté immédiatement avant la signature de l’entente Canada-UE. En dépit de l’importance de l’avis qu’ils ont donné aux négociateurs, ceux qui ont été consultés et qui ont influencés les résultats, portent encore le masque de l’anonymat. Ces conseillers obscurs ne passent même pas le test du contre-interrogatoire.

En prévision des prochains accords et autres décisions importantes, le gouvernement aurait avantage à solliciter  les conseils d’experts préalablement identifiés et reconnus du milieu, même si leurs conseils devaient rester totalement confidentiels. Ces conseils seraient plus justes, plus proche de la réalité, plus équilibrés et probablement sans frais pour le gouvernement.