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Pour qu’une vache démarre bien sa lactation (suite)

Nathalie GENTESSE, M.Sc., agr. ,

La capacité d’adaptation des vaches laitières est exceptionnelle. Autour du vêlage, les changements hormonaux et métaboliques passent comme un film en accéléré.  Le scénario catastrophe semble écrit d’avance, mais les acteurs principaux (la vache et le producteur) comptent bien gagner la bataille!

En première partie, il y a la période de tarissement. Les besoins de la vache sont alors à leur plus bas et une ration simple à base de fourrages, de minéraux et vitamines est satisfaisante dans la plupart des cas.  À ce moment, la vache n’utilise que 50% de la capacité d’absorption de son rumen par rapport à la lactation. On pourrait dire que la machine digestive tourne au ralenti.

On cible les trois semaines précédant le vêlage pour réadapter la flore microbienne et les papilles ruminales à la digestion rapide de concentrés.  L’apport de grains dans la ration accroit la production d’acides gras volatiles, ce qui favorise l’élongation des papilles ruminales. Cela entraine une amélioration de  la capacité d’absorption d’énergie dans le rumen.

En seconde partie, il y a les premières semaines de lactation où se négocient le pic de production de lait et la période fertile de la vache. Les besoins nutritifs de celle-ci grimpent aux sommets les plus élevés de toute la lactation. Au menu, des rations beaucoup plus concentrées en énergie et en protéine qu’avant le vêlage, avec proportionnellement moins de fourrages.

Malgré cela, la demande d’énergie pour la production de lait augmente plus rapidement que l’appétit de la vache et celle-ci rencontre un déficit énergétique impressionnant. Des chercheurs ont calculé qu’au plus fort du déficit, c’est environ 15 Mcal d’énergie nette de lactation, soit l’équivalent d’environ 7 kg de maïs, qu’il lui manque par jour. Mais attention! On ne doit surtout pas faire l’erreur de lui servir cette quantité de maïs en surplus… sinon gare à l’acidose!

La vache est conçue pour bien supporter ce défi pendant une courte période. Loin d’être prise au dépourvue, elle utilise, pendant quelques semaines, ses réserves de graisse corporelle pour combler ce déficit d’énergie. Dans certains cas, c’est jusqu’à 3,5 kg de graisse par jour qui peuvent être mobilisés et on voit donc la vache littéralement « fondre ».  Ce gras sera transformé en énergie dans le foie de l’animal pour assurer sa production de lait.

C’est là que vous intervenez en lui fournissant confort, ingrédients appétents et fourrages digestibles afin qu’elle ait le gout de consommer sa ration. L’idée générale est de raccourcir la période de déséquilibre énergétique en stimulant la consommation et en favorisant le bon fonctionnement du foie, qui est l’organe-clé du début de la lactation. C’est le temps d’user de stratégie avec des additifs bien ciblés qui facilitent les fonctions du foie, comme de la choline ou des liants de mycotoxines par exemple.