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L’heure est grave

Meggie Poulin ,

Avant-propos : Vous trouverez ci-joint ma réaction concernant l'article '' Les ministre Québec/Ontario partenaires'' paru le 18 janvier dernier. Il s'agit également de ma vision globale quant à l'agriculture en général en tant que relève agricole. Je profite de l'occasion pour vous dire de continuer votre beau travail; sans un journal comme le vôtre, il y aurait stagnation dans le secteur. / Meggie Poulin. / Notre agriculture  est étouffée par l'industrie et délaissée de la politique

LES MODÈLES D'ENTREPRISE

Il y a de la place pour les trois types d'entreprise: la grosse multinationale, la PME et la petite familiale. De toute évidence, cultiver à l'échelle humaine afin de rendre possible de saines pratiques culturales n'est pas une vision commune... mais un secteur d'activité, c'est comme une équipe. On doit s'entendre et se comprendre sur les grandes lignes. Avec des gouvernements qui changent à tout moment, c'est loin d'être l'idéal pour atteindre nos objectifs. Je suis curieuse de savoir quels sont les buts actuels du secteur agricole de Québec? M. Paradis, est-ce possible de rendre public vos plans d'action pour les marchés intérieurs et extérieurs?

Si ça continue comme ça, on ne passera pas à côté de la Loi de la nature... les gros s'enrichiront de plus en plus tandis que les pauvres s'appauvriront, jusqu'à crever un à un. Il est clair que les besoins ne sont pas les mêmes pour les trois modèles d'entreprise. Je rêve d'un gouvernement qui s'adapte au profil de chacune d'elle, avec qui l'on pourrait y revoir les programmes de subvention, la réduction des charges administratives, la gestion des quotas, la législation quant aux associations obligatoires, le dossier des travailleurs étrangers, les exemptions, etc.

L'ÉCONOMIE

Les entreprises de petites tailles subissent les prix du marché établis par une industrie qui prône la quantité et non la qualité. Celles-ci sont contraintes de s'y adapter, même si elles n'atteignent pas toujours leur coûts de revient. Elles font leur possible pour ne pas générer de pertes, mais la valeur du cœur à son prix. Cette corde sensible fait aussi la proie des nombreuses demandes de commandites que reçoivent les fermes. Heureusement, elles reçoivent aussi beaucoup de mots d'encouragement et de soutien, ce qui les motivent à continuer à se battre, à rester debout.

La relève agricole, elle, ''rêve'' d'agriculture. Ces jeunes sont prêts à y investir leur vie et possèdent tous les ingrédients, sauf un: l'argent. La passion n'est plus le nerf d'un projet. La valeur des terres et des fermes existantes rendent les achats et les transferts des plus difficiles. Puisse-t-on trouver une solution à ça au lieu de parler de l'accaparement des terres agricoles, qui en est une conséquence?

LA MISE EN MARCHÉ

Il y a de la place pour tout le monde, car l'exportation et les tablettes d'épicerie ne font pas partie des stratégies pour les petits. Je pense par contre que le gouvernement aurait avantage à promouvoir les marchés publics de façon mobile et dynamique. Il y a de plus en plus de ''locavores'' qui s'intéressent à la saine alimentation, à l'agriculture de proximité, à la biodiversité, aux emplois d'été pour leurs jeunes et aux familles qui vivent de l'agriculture dans leur village.

Le producteur a le pouvoir de nourrir entre les mains. Le consommateur a le pouvoir d'agir... et il veut agir! C'est pourquoi un marché mobile, clé en main pour les producteurs et transformateurs d'ici, serait une solution tangible pour couvrir un secteur, nourrir notre communauté, du moins l'été. On met sur le coup un gestionnaire et coordonnateur salariés, du matériel utilisé tous les jours, de la promotion, du dynamisme, et le tour est joué! Au moment où l'on se parle, pour plusieurs des marchés en place au Québec, ce sont des citoyens et des producteurs bénévoles qui gèrent le tout, afin de répondre à la demande grandissante des ''consommateurs''. La transformation alimentaire et la mise en marché hivernale est également un défi de taille, mais possible et plus qu'intéressant. Il faut des bonnes actions, car on ne fera que déplorer l'austérité.

EN CONCLUSION

Pour du changement, ça prend: un focus groupe, une vision d'avenir, un plan d'action, mais surtout, des actions par ceux qui ont le pouvoir. Il est temps d'arrêter de se passer la ''puck'' et de ''scorer'' un but, car il est ''Plus tard qu'on pense'' comme nous l'a rappelé Fred Pellerin. D'ailleurs, j'aurais envie de lui demander de nous tricoter un avenir qui a de l'allure!

 

Meggie Poulin, agricultrice

St-Augustin-de-Desmaures (Québec)