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Plus de protéine dans le lait: les bases

Nathalie GENTESSE, M.Sc., agr. ,

Augmenter le taux de protéine du lait peut être intéressant financièrement à condition que les changements apportés à la ration ne mettent pas en péril la santé des vaches. Les niveaux de composantes et le ratio protéine/gras sont d’ailleurs d’excellents indicateurs de la santé du troupeau et de l’équilibre de la ration.

Les pourcentages de gras et de protéine dans le lait des vaches laitières sont, en général, positivement corrélés, c’est-à-dire que lorsque le taux de gras monte, le taux de protéine augmente aussi. Il faut savoir que la génétique des bovins explique 55% des variations de la teneur en gras et protéine du lait alors que la ration et l’environnement sont responsables de 45% des écarts. Les ajustements de ration ont un impact plus grand sur le gras, qui peut varier assez facilement de 0,3 ou 0,4 point, alors que la protéine bouge rarement de plus de 0,1 point.

Le gras du lait1

La digestion des fibres dans le rumen produit des acides gras volatils, dont l’acétate et le butyrate. Environ la moitié du gras du lait est fabriqué à partir de ces 2 composés. Les acides gras en circulation dans le sang de la vache, et provenant de ses réserves de graisse ou directement des aliments, forment l’autre moitié du gras du lait. Un apport de fibres digestibles par la ration et le maintien d’un environnement ruminal propice au travail des bactéries constitue la meilleure stratégie pour augmenter ou maintenir la production de gras dans le lait.

La protéine du lait

La première source d’acides aminés servant à fabriquer la protéine du lait est la protéine d’origine microbienne, produite lors de la conversion de la protéine des aliments par les bactéries du rumen. Par ailleurs, la formation de protéine dans le lait requiert également de l’énergie, par l’intermédiaire du glucose.  La majeure partie du glucose est synthétisé dans le foie à partir du propionate, provenant essentiellement de la fermentation ruminale des grains.  La digestion des fourrages jeunes et sucrés produit également du propionate.

Advenant le cas où le rumen ne produit pas suffisamment de propionate, la vache utilise des acides aminés pour former du glucose. Par conséquent, la quantité d’acides aminés disponibles pour produire la protéine du lait s’en trouve réduite. C’est pourquoi on dit souvent que, pour faire de la protéine dans le lait, cela prend de l’énergie. L’introduction d’ensilage de maïs ou le réajustement des concentrés dans une ration déficiente en énergie ou dont la disponibilité de l’énergie est mal synchronisée à celle de la protéine a souvent pour effet d’augmenter le taux de protéine du lait.

Attention de ne pas tomber dans le piège de « plus, c’est mieux ». Augmenter les quantités de grains dans la ration se fait au détriment de la consommation de fourrages. Plus spécialement, lorsque les fourrages sont d’excellente qualité et très digestibles, le risque d’être à court de fibres dans la ration est réel.  Bien que le taux de protéine puisse alors augmenter dans le lait, d’autres conséquences comme l’acidose, la chute du taux de gras, les problèmes de boiterie viendront alors miner la rentabilité de la solution.

Des ajustements mineurs à la ration vous indiquent assez rapidement si vous comblez un besoin ou si vous mettez à risque la santé des vaches. Il vaut parfois mieux s’attarder à stimuler leur consommation tout en maintenant un environnement ruminal stable afin qu’elles réalisent leur potentiel naturel à produire du gras et de la protéine.

1 Penn State extension, 2005.