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Faisons évoluer les mentalités sur la cruauté envers les animaux !

Yvon PICOTTE ,

Combien d’entre nous ont été choqués, voire estomaqués, de voir à la télévision la maltraitance et la cruauté que certains humains infligent aux animaux. Cette cruauté afflige autant les animaux de compagnie que les animaux d’élevage.

Il me semble que les reportages sont tellement fréquents qu’on en arrive à banaliser le phénomène de la cruauté envers les animaux! Mais un tel comportement doit cesser et, à l’instar de nombreux pays comme la France vient de le faire, les autorités gouvernementales doivent prendre les dispositions législatives pour punir les fautifs et changer les mentalités.

Plusieurs ont souligné, à juste titre, que ça passe nécessairement par des modifications de notre code civil. Et pourquoi pas car nous en sommes rendus là!

Au cours des dernières années, on a mis l’accent pour faire plus d’inspections et mener des enquêtes, mais ces actions n’ont pas permis de changer le comportement des fautifs et la mentalité des gens sur la cruauté envers les animaux.

En juin 2014, «Animal legal defense fund», organisme international reconnu en matière de protection animale pour ses interventions auprès d’organismes publics, rendait public son étude comparative pour le classement canadien en la matière. Depuis 2008, le Québec se classe dans les derniers rangs et, pour une troisième année d’affiliée, il se classait au 12ième rang au Canada, tout juste devant le territoire du Nunavut. Pas surprenant que le ministre de l’Agriculture ait déclaré à la suite de la parution de cette enquête que «La pire province du Canada, je ne veux plus voir ça. Ça va bouger.»

Force est de reconnaître que le ministre a bien raison et que, tôt ou tard, cette réputation risque de mettre en péril des exportations  de viande, notamment avec l’Europe avec qui nous avons conclu dernièrement un traité de libre-échange.

C’est pourquoi, il me semble important d’appuyer le ministre Pierre Paradis qui veut moderniser le statut de l’animal et déposer des dispositions législatives prévoyant  la reconnaissance dans le code civil de sa nature d’être vivant et sensible. Aujourd’hui, l’animal est défini par sa valeur marchande et patrimoniale et non par sa valeur intrinsèque comme l’humain. Il est considéré comme un «bien meuble» c’est-à-dire que notre animal préféré a le même statut aux yeux du code civil qu’une chaise!

Cette volonté du ministre Pierre Paradis de moderniser une vision archaïque dans le code civil m’apparaît un bon pas dans la direction pour faire évoluer les mentalités et corriger, à terme, la maltraitance et la cruauté envers les animaux. De plus, cette position du ministre s’inscrit dans la prise en compte de l’état actuel des connaissances scientifiques sur les animaux notamment comme être vivant et leur sensibilité face au mauvais traitement qu’on leur fait subir. Cette position s’inscrit finalement dans la mouvance éthique de notre société du 21e siècle. Ne faisons-nous pas partie du règne animal? Trop souvent, l’humain est porté à l’oublier.