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Le printemps donnera le temps

Stéphane D'AMATO ,

Le USDA a fait sa prévision des semis de maïs et de soya américain le 31 mars dernier. Il prévoit que les semis de maïs seront de 89,2 millions d’acres soit une baisse de 2% par rapport au semis de 2014. Pour le soya, les semis pourraient être de 84,6 millions d’acres soit une hausse de 1% par rapport à 2014.

 

Cette prévision du USDA est un peu moins dans les extrêmes de ce que le marché s’attendait mais le marché n’a pas vraiment réagi à la hausse ou à la baisse au moment de sa publication.

Le marché s’analyse sous deux angles: le fondamental et le technique. Le fondamental utilise les quantités récoltées (l’offre) et consommées (la demande), soit mesuré, soit sous la forme d’une prévision. C’est le meilleur portrait de la réalité aux champs, dans les usines et dans les élévateurs portuaires. Le technique utilise le marché à terme (celui de Chicago pour les grains) pour prévoir la direction du prix.

Fondamentalement, le marché du maïs n’est pas en mauvais état. Les analystes des courtiers et des banques font grands états de la récolte record de 2014 aux USA mais peu rapportent que la demande est aussi à un niveau record. Un coup d’oeil au graphique démontre que l’inventaire mondial de maïs est revenu au niveau record de la fin des années 90. Cependant, celui-ci ne représente que 19% de la demande mondiale comparativement à 30% à la fin 90. Les stocks ont augmenté mais comme la demande a augmenté plus vite, le ratio stocks/demande est à un bas niveau. On aura besoin d’une bonne récolte en 2015, sans quoi le prix du maïs transigera entre $4 et $5 à Chicago.

Le portrait de la fève de soya est bien différent. Pour 2014, l’inventaire mondial a atteint un niveau record de 30 ans et le ratio stocks/demande est à 30%, aussi un record. Dans ce cas, les stocks ont augmenté plus rapidement que la demande, sur le plan mondial. Pas très positif pour le prix. Ce qui maintient un peu le prix du soya américain est le fait que 45% de la récolte de soya US est exportée, dont une importante proportion vers la Chine.

Ceci dit, le regard du point de vue technique domine souvent le marché car il s’agit de la motivation des fonds d’investissements. Celle-ci est très baissière pour le moment (début avril). Avec un été normal et des rendements légèrement en bas du record de l’année dernière, il n’y aura pas grand place pour des hausses de prix. Pour les producteurs de grains, il faudra être à l’affût pour capturer les hausses subites et ponctuelles du marché.