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Questions au ministre Paradis

Yannick PATELLI ,

Dans le cadre de l’étude des crédits de son ministère, les députés ont questionné le ministre Paradis cet après-midi.

La relève devant de nouveaux défis

Sur la relève, Paradis a exprimé sa volonté de simplifier les programmes : `` Je veux simplifier les programmes. Les gouvernements précédents avaient tous à cœur la relève agricole mais on a ajouté programme sur programme. L’important c’est de revaloriser le statut d’agriculteur entrepreneur. On est passé par une période où le producteur était perçu comme pollueur. Il devient aussi aujourd’hui plus facile de concilier travail/famille grâce à la technologie. On oublie souvent qu’en termes de nombre d’emplois au Québec on est en avant de l’aéronautique et de la pharmaceutique, c’est pas rien. Comme quoi l’agriculture est un secteur important dans notre province``. Par ailleurs, il a rappelé qu’on a besoin en agriculture de travailleurs étrangers, et qu’il y a méconnaissance à Ottawa de la réalité rurale québécoise et canadienne. Le député de Mauricie a de son côté rappelé que les entreprises agricoles sont moins sujettes à tomber en faillite (5,4% contre 32 % tout secteur confondus au Québec). Le ministre Paradis s’est dit confiant entre autre au regard des inscriptions dans les ITA en augmentation de 25 % pour la rentrée prochaine.

Et le Bœuf, de dire la CAQ ?

Sylvie D’Amours, critique en matière agricole à la Coalition Avenir Québec (CAQ), dès sa première intervention a remercié le ministre Paradis de ne pas avoir déplacé trop de fonctionnaires du MAPAQ à ses côtés car, a-t-elle dit, ``Tous ces gens, ça a un coût``. Puis entrant dans le vif du sujet, elle a rappelé qu’en terme de santé animale notamment avec la situation d’abattage du bœuf et des vaches de réforme au Québec on est loin de satisfaire au souhait du ministre notamment depuis la fermeture de Colbex : ``Avec l’envoi des bœufs aux États-Unis ou en Ontario, elle est où la santé animale pour ces animaux-là ? Elle est où votre loi…?``

Pour Paradis, il faut Relancer le circuit cours d’abattage. Et Paradis de lui répondre:`` La santé animale au Québec c’est une des pires places sur la planète pour les animaux. Bientôt on changera la notion ``animal`` pour le reconnaitre comme être vivant. Je souhaite déposer avant la fin de la session. C’est sûr que la situation du bœuf envoyé au Wisconsin ça ne favorise pas le bien-être animal. Et ça ne favorise pas l’abattage de proximité. J’ai rencontré les petits abattoirs pour envisager l’abattage en circuit court. Je pourrais juste faire comme le porc ne pas permettre que le bœuf québécois soit abattu hors Québec mais quand je rencontre les producteurs ils me disent d’y aller en dose homéopathique! ``

La CAQ a aussi demandé s’il y a eu des pressions de la Fédération des producteurs de bovins pour ne pas repartir l’abattoir ? `` Si j’avais une formule magique je passerai pour un génie, si vous en avez une, je vous traiterai de génie. Moi j’ai hérité d’un abattoir en faillite. Ce que j’ai su c’est que l’offre de la coopérative de relance n’était pas suffisante.``, de dire le ministre.

``Ensemble, on va toucher du bois``, Paradis

André Villeneuve a rappelé que Philippe Couillard parlait avant son élection, de l’importance de maintenir les budgets de la Financière agricole, ``Il s’agit d’une promesse brisée``, de dire le critique péquiste en matière agricole. Pour Paradis si tout le monde fait sa part, les agriculteurs doivent le faire aussi. `` Nous avons 300 M$ en dépôt à la Caisse de dépôt en cas de catastrophe car jamais je n’accepterai de mettre en cause l’avenir de l’agriculture, mais y’en a pas de catastrophe à l’horizon, alors ensemble on va toucher du bois``, de dire Paradis

Sur le dossier ``accaparement des terres`` : ``Quand je regarde ailleurs, je me console!`` dit Paradis

``Je regarde partout ce qui se passe en Saskatchewan ou ailleurs, mais quand je vois que 80 % des terres au Québec appartiennent aux agriculteurs, je me console et je fais en sorte que ça reste comme ça.``

Aucune discussion sur le monopole

Françoise David est intervenue quelques minutes pour rappeler au ministre Paradis que l’ASRA soutient actuellement un nombre limité de productions et aussi de grandes entreprises et lui a demandé si on peut penser à l’élargissement de l’ASRA à d’autres productions que celles couvertes actuellement et si on peut intégrer de nouvelles conditions d’accès. Paradis a précisé :`` Ça se pourrait qu’une notion de bien-être animal soit ajouté sous peu pour accéder à l’ASRA.`` Ce sera la seule nouvelle information qui ressortira de cet échange. Pas plus de précision sur un élargissement de l’ASRA à d’autres productions que celles assujetties. On notera qu’aucun échange au cours de la Commission n’aura porté sur l’interrogation de plusieurs producteurs sur leur questionnement quant à la situation qui prévaut sur le monopole syndical. A 18h30 à la fin des deux premières sessions de la Commission, aucune question sur ce sujet, pas même de Mme David qui déclarait pourtant dans notre dernier numéro être en faveur du pluralisme. Les partisans du pluralisme seront sûrement déçus de constater que les députés n’ont pas mis leur dossier dans la filière ``Priorité``