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Quand la relève sait ce qu’elle veut

Nathalie GENTESSE, M.Sc., agr. ,

Parce qu’ils ont le goût de partager leurs expériences, d’apprendre à travers le point de vue des autres et surtout de se comparer pour s’améliorer, quelques producteurs laitiers de la région du Bas St-Laurent ont récemment ouvert leurs portes à leurs collègues. 

Le lien commun à tous ces producteurs? Qu’ils soient hôtes ou visiteurs, leur plan est d’améliorer l’autosuffisance de leur ferme et d’en augmenter la rentabilité. Pour deux des fermes visitées, les jeunes producteurs ont eu à se questionner très sérieusement sur la stratégie qu’ils allaient adopter pour assurer la rentabilité de leur entreprise. Ils ont déterminé que les fourrages de qualité étaient une des clés importantes pour leur succès en agriculture.

Premier coup de cœur. Deux frères, dans la vingtaine, producteurs de lait biologique. Ils visent d’abord une excellente génétique des animaux, car les vaches sont leur premier outil de production. L’emphase est mise sur la réduction du nombre de cellules somatiques et sur la qualité des pieds et membres.

Ensuite, les aliments doivent être de qualité. « On a toujours été les premiers à faucher dans le rang, affirment-ils, un peu étonnés. » Depuis quelques années, ils concentrent leurs efforts à augmenter le rendement de leurs prairies. « On s’est bien vite rendu compte que le choix des espèces et la régie des coupes fait une grosse différence. » Les mélanges fétuque/luzerne et dactyle/trèfle sont bien adaptés aux sols de leur ferme. La haute productivité de ces espèces leur permet de faire une coupe de fourrage de qualité tous les 25 à 30 jours. En 5 ans, leurs rendements fourragers sont passés de 4,5 à 7 tonnes de matière sèche par hectare.

Second coup de cœur. Un autre jeune producteur dans la vingtaine, à la personnalité posée et réfléchie. Sa première action, il y a déjà quelques années : améliorer le confort de ses vaches, qui lui amènent son principal revenu. Ensuite, dans le but de gagner en autosuffisance, il ajoute un silo pour l’ensilage de maïs. Ça permet de réduire les quantités de grains servis et surtout d’augmenter la proportion de fourrages dans la ration.

Choyé grâce à des terres très fertiles, il s’attarde maintenant à augmenter le rendement de ses plantes fourragères en délaissant les mélanges luzerne/mil au profit de mélanges de luzerne/fétuque/trèfle. Il obtiendra alors plus de constance dans la composition de l’ensilage d’une coupe à l’autre.

Son prochain défi est celui de la conservation des ensilages. En choisissant des espèces contenant plus de sucres comme la fétuque et le trèfle plutôt que le mil, il espère réduire la quantité d’ammoniaque formée dans ses ensilages. Il optera également pour l’ensilage récolté en un jour pour conserver plus de sucres dans l’ensilage et ainsi en accélérer la vitesse de fermentation. Une fermentation rapide permet d’abaisser promptement le pH du fourrage et de limiter la croissance des bactéries qui dégradent les protéines en ammoniaque.

Bref, ces deux entreprises ont capitalisé sur leurs vaches et leurs fourrages afin d’améliorer leur rentabilité tout en continuant leur progression en termes de moyenne de lait et de gras produit par leur troupeau. Il est réjouissant de voir que de si jeunes producteurs ont la discipline de déterminer leurs priorités et surtout de suivre et d’adapter leur plan d’action afin d’améliorer leur autosuffisance et leur rentabilité.