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Pour se rappeler

Jean GARON ,

NDRL : Il y a un an, le 1er juillet 2014 décédait Jean Garon. Pour se souvenir de la grande valeur de cet homme dans le monde agricole Québécois, La Vie agricole vous invite à relire aujourd’hui sa dernière chronique écrite dans notre publication le 20 juin 2014.

Un coup de barre pour faire la différence

Jean GARON, 20 juin 2014 07:46:00
 

Il est temps de fixer un objectif en agroalimentaire pour tous les Québécois. Un objectif qui peut faire consensus, qui doit faire consensus.  Un objectif qui renforcera le Québec et montrera comment tracer la voie de l’avenir.  Un objectif que l’on pourra atteindre si on le veut et si le gouvernement s’implique.  Le gouvernement a été élu majoritairement et il n’y aura pas d’élection avant l’automne 2018.  Avons-nous le droit de manquer le bateau et de rater la cible?

L’atteinte de cet objectif simple permettra à tous les Québécois de réaliser que le Québec est capable, s’il le veut, en mettant tout le monde à contribution.

Cet objectif pour moi, c’est de nous nourrir nous-même.  Et le gouvernement peut en assurer le leadership en faisant en sorte que les achats agroalimentaires pour nos hôpitaux, nos écoles primaires et secondaires, nos collèges, nos centres de services publics, nos garderies, nos prisons et toutes les institutions (qui relèvent du gouvernement et perçoivent des revenus de taxes ou d’impôts pour leurs achats de produits alimentaires) soient obligées d’acheter des produits agroalimentaires du Québec pour satisfaire leurs besoins en produits agroalimentaires.  Le gouvernement a le gros bout du bâton parce que c’est lui qui paie avec nos taxes et qu’il peut spécifier l’excellence de qualité qu’il souhaite pour ses citoyens et qu’il peut la vérifier en vertu de la loi et des règlements administrés par le MAPAQ.  Et ce sera facile à vérifier par les citoyens du Québec.  Ils pourront voir si dans nos écoles ou nos hôpitaux, on leur sert du lait importé, du fromage importé, du yaourt du Québec ou importé, des fruits et des légumes d’ici ou importés, des produits alimentaires transformés d’ici ou importés; ce sera plus difficile à vérifier pour les œufs, le poulet ou le poisson mais rien n’est impossible si on le veut.  Une telle opération ne coûtera pas plus cher au gouvernement du Québec ni à nos institutions mais aura un effet économique positif sur la croissance de l’économie du Québec:  Il y aura des retombées l’économiques dans toutes les régions du Québec sans que les Québécois aient à payer plus cher, ni plus de taxes.  Et imaginez si en plus nos universités et nos collèges qui ontété subventionnés avec nos taxes ou impôts étaient tenus de servir des produits québécois dans leurs cafétérias. 

Les temps sont durs, dit-on; alors on verra si le gouvernement et nos institutions sont capables de donner un coup de barre pour faire la différence.  Je propose un coup de barre qui ne coûtera rien aux Québécois sinon un peu de solidarité.

Quand je suis arrivé au Ministère de l’Agriculture en 1976, j’avais constaté que selon les données économiques du MAPAQ, les Québécois se nourrissaient eux-mêmes à 45% en 1976.  En appliquant plusieurs mesures, nous en étions arrivées à presque 85% en 1985.  Je reviendrai sur ces mesures dans d’autres chroniques.

Si le gouvernement d’aujourd’hui à Québec le veut, il peut le faire et les Québécois le prendront au sérieux dans sa volonté de mettre de l’ordre dans les finances publiques du Québec.  Il contribuera à mettre de l’ordre dans les orientations de plusieurs institutions du Québec qui “comprendront qu’elles doivent se poser certaines questions—qu’elles ne vivent pas par elles-mêmes et qu’elles doivent une certaine solidarité à la société qui les entoure et qui paie pour elles.  Le Québec sera capable de réussir cette opération s’il est conscient de l’enjeu et s’il accepte d’y participer.  C’est pour cela que le gouvernement du Québec doit donner l’exemple de la solidarité avec les régions du Québec.