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La dérive de l’intégration

Jean GARON,

NDRL : Alors que le Premier ministre Philippe Couillard vient de nommer son conseil des ministres, nous apprenons le retour de Pierre Paradis au conseil comme ministre de l’Agriculture. La Vie Agricole lui souhaite la bienvenue et espère qu’il saura relever les grands défis qui attendent l’agriculture du Québec. En attendant une entrevue avec le nouveau ministre de l’Agriculture, nous vous proposons un extrait du livre de Jean Garon coédité l’an passé par VLB Éditions et La Vie Agricole

Par Jean Garon ( extrait du livre Pour tout vous dire, 2013 pages 186 à 191 )

La dérive actuelle a été voulue et organisée par les gouvernements libéraux qui se sont succédé depuis 1985. À la demande de la Coopérative fédérée et avec la bénédiction de l’UPA de Jacques Proulx, ils ont perverti le principal outil de protection de la ferme familiale indépendante que nous avions mis en place, des régimes d’Assurance-stabilisation des revenus conçus spécifiquement pour ce modèle de ferme.

Ces régimes n’ont jamais été pensés pour des corporations géantes, privées ou coopératives qui contrôlent des dizaines sinon des centaines de milliers de porcs et qui engrangent actuellement des paiements de stabilisation de plusieurs millions de dollars. Ces entreprises ont la taille et les ressources pour affronter les fluctuations du marché, ce qui n’est pas le cas de la ferme familiale indépendante, aussi efficace soit-elle. C’est à ces grandes firmes intégrées d’assumer les risques qu’elles prennent, pas à la collectivité par le biais d’un régime d’assurance financé aux deux tiers par les gouvernements !

Je me souviens d’avoir entendu en commission parlementaire, à une époque où le porc générait encore des profits mirobolants, le porte-parole des intégrateurs Rouville Ménard et son avocat, le futur ministre Pierre Paradis, clamer haut et fort que ce que le gouvernement pouvait faire de mieux pour eux était de les laisser tranquilles. Quand les temps ont été plus durs, ce beau discours s’est envolé (…)

Je ne veux pas diaboliser l’intégration. Dans le développement de l’agriculture des quarante dernières années, ces entreprises, souvent issues de meuneries régionales, ont été de grandes innovatrices en terme d’efficacité, de génétique, de qualité et de développement des marchés. Cependant, elles ont une dynamique proprement capitaliste, et cherchent donc systématiquement à maximiser leurs profits, à avoir le contrôle le plus étendu possible de leur environnement et à réduire les risques auxquels elles s’exposent.

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