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Avis public

Parlez-moi du 350$ de la gestion de l’offre

Pierre NADEAU ,

Plusieurs économistes ont publiés des études indépendantes mais avec des conclusions identiques  sur le coût des ménages canadiens pour soutenir la gestion de l’offre.  Les résultats dont je me rappelle avoisinaient tous les 350$ par année. Ces chiffres sont cités souvent comme argument pour conclure qu’il serait temps pour le Canada d’abandonner la gestion de l’offre qui sert l’intérêt d’une minorité (les producteurs) au détriment de la majorité (les familles). Comme nous sommes très collectivistes chez nous, ces arguments avaient de quoi frapper fort. 

J’ai eu, comme bien d’autres, l’occasion de lire leurs publications qui résumaient leurs méthodologies et cheminements logiques et les deux m’apparaissaient conformes. Il était donc tout naturel de souscrire à leur savante thèse, du moins en théorie.

Toutes ces études avaient également au moins une référence à la Nouvelle-Zélande qui avait abandonné la gestion de l’offre et sur le cheminement exemplaire de leurs producteurs qui ont su s’adapter admirablement. Cette référence à la Nouvelle Zélande avait l’avantage d’y ajouter un petit côté moins théorique et un peu plus vécu dans le champ.

Toute cette logique universitaire baignait dans l’huile dans ma tête jusqu’au jour où je me suis rendu moi-même en Nouvelle Zélande.

En arrivant en Nouvelle-Zélande, j’apprends que ce pays avait institué une commission d’enquête sur les prix élevés du lait et des produits laitiers. Pour être bien certain que je ne rêvais pas, je me suis imposé des visites de quelques supermarchés pour bien voir que les produits laitiers étaient aussi chers que chez nous. J’ai même eu l’occasion de lire des lettres aux éditeurs contre les prix élevés de ces denrées.

Un article récent de Keith Woodford publié dans le Fairfax NZ Sunday Times m’a donné des indices pourquoi le lait de consommation pouvait être vendu plus cher chez eux qu’au Canada même si  leurs producteurs étaient payés la moitié du prix canadien pour le lait cru.

Il n’y a pas de concurrence entre transformateurs car le plus gros des deux est un monopole dans les faits, et par conséquent, il établit les prix, entre deux supermarchés : Foodstuffs et Progessive et contrairement au Canada, en Nouvelle-Zélande on taxe les produits alimentaires. 

Dans le premier cas on doit se demander si les Zélandais ne subventionnent pas l’exportation de leurs produits laitiers, ce qui ne serait pas conforme à l’OMC. Dans tous les cas,  Il semble évident qu’à l’exception du producteur, les trois autres secteurs (transformateurs, détaillants et gouvernements) se battent et réussissent admirablement à aller chercher le 350$ et plus par famille dont nous parlent nos économistes chercheurs du Canada.

Donc, en pratique, qui ira chercher le 350$ des familles canadiennes si la gestion de l’offre tombe au Canada : les transformateurs, les détaillants ou les gouvernements?