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L’Europe rurale, un été à feu et à sang !

Yannick PATELLI ,

Les mauvaises langues diront que les français, c’est bien connu, râlent tout le temps et sont toujours dans la rue. Chose certaine, au cours du mois de juillet, les agriculteurs d’Outre-Atlantique qui ont bloqué des routes et des accès à des sites touristiques ont exprimé un grand ras le bol.

Les agriculteurs français ne croient plus aux promesses qui leur sont servies par les politiciens depuis 20 ans, tous partis confondus. Les paysans français sont en colère. Le Figaro, quotidien français, déclarait, mi-juillet, avoir rencontré des éleveurs parmi les plus performants qui sont touchés par l'une des crises les plus graves que l'élevage français ait connu ces dernières années.

À titre d’exemple, il manque 20 centimes le kilo pour le porc par rapport à l’accord passé mi-juin avec la grande distribution. Le prix du lait est en chute libre de plus de 15% sur un an. Avec la fin des quotas rien de rassurant ne se dessine pour les producteurs de lait de l’hexagone. Les producteurs québécois doivent-ils s’inspirer de l’historique des agriculteurs français pour éviter de tomber sur les mêmes écueils ?

Ce que disent les producteurs français ?

``Avec la chute des cours, les ventes de l'élevage ne sont pas suffisantes pour couvrir les charges annuelles``; ``J’ai dû emprunter à ma banque 30 000 euros ( 50 000 dollars) sur 5 ans pour assurer les minimum de mes paiements.`` Des situations liées à des politiques nationales brimées par des politiques supranationales. De quoi en prendre un peu de la graine ? Les principaux coupables identifiés par les syndicats agricoles sont la grande distribution et les abattoirs. Même le président de la République, François Hollande, pour calmer le jeu, a dû faire une intervention très critique envers les acteurs de la distribution et de la transformation. Le ministre de l’agriculture français a aussi fait une déclaration, qui aurait d’ailleurs été appréciée de l’ex-ministre Garon, en promettant que l’État s’approvisionnera dorénavant en produits français pour ses différentes institutions (hôpitaux, écoles etc.) mais qui y croit encore ?

Ici au Québec, le pouvoir aux agriculteurs ou à la grande distribution ?

La grande question qui se pose de ce côté de l’atlantique alors que les négociations sur le partenariat transpacifique se poursuivent : Quel pouvoir sera donné aux producteurs versus les distributeurs si le modèle de gestion de l’offre devait subir des modifications ?

Même après l’apport d’une aide d’urgence de 600 millions d’euros ( 850 millions de dollars ) pour allégement de charges, exonérations de taxes, report d’impôt etc. et un montant de 500 millions d'euros ( 700 millions de dollars) de crédits bancaires ajouté à la banque publique d'investissement ( équivalent ici d’Investissement Québec) rien n’y fait pour les producteurs et éleveurs français, c’est tout un système qu’ils veulent changer. Les agriculteurs du Québec ont quelque peu manifesté à Sainte-Marie de Beauce et à Roberval en juillet mais l'objectif de la démarche visait beaucoup plus le consensus que l’affrontement. En sortiront-ils gagnants ?