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Plus ou moins de fédéralisme ?

Yannick PATELLI ,

Le président de la République Française, François Hollande veut aller plus vite et plus loin dans la mise en place des rouages politiques de l’Europe. La question est : Comment conjuguera-t-il son souhait de plus d’Europe et son souci d’aider les éleveurs français si ce n’est en les amenant ``à produire plus et mieux``, ce qu’il nous déclarait en entrevue au mois d’avril dernier.

Aurions-nous à faire à une schizophrénie politique naissante en Europe, d’un bord la défense du nationalisme français pour sauver l’agriculture souveraine, de l’autre la défense du néolibéralisme pour accentuer les exportations qui sont au plus mal notamment depuis l’embargo sur le porc, imposé à la Russie en réponse à son intervention en Ukraine ? Un constat semble poindre : Le libre-échange auquel on ne peut plus échapper nécessite des normes environnementales, sanitaires et sociales identiques pour tous les joueurs si on veut s’en sortir.

Des experts doutent de l’Europe

Peut-on faire de l’ensemble des pays européens un projet fédéral crédible et redéfinir les pays européens en termes de régions européennes ? Un homme, actuaire et spécialiste de la gestion des risques à long terme émettait déjà des doutes en 2012 dans une tribune du quotidien français Libération. Il s’agit d’Olivier Berruyer. Il écrivait alors :  «fédéralisme ou fin de l’euro (…) la conclusion «politique» est erronée (…) non, le fédéralisme n’est pas la bonne solution, car c’est une utopie. Au bout de dix ans, la zone euro se retrouve face à sa contradiction originelle : est-elle une réunion de pays concurrents, ou est-elle un seul pays, avec des régions ? »

Il rappelait dans cette chronique que l’euro a été pour lui, un frein naturel au déséquilibre entre les économies de divers pays européens les privant des réserves de change qui conduisaient à une dévaluation des monnaies pour rééquilibrer les disparités entre elles.

Renforcer l’Europe ?

L’éditorialiste de l’hebdomadaire Le Point, Nicolas Baverez, a encore quelques espoirs pour l’Europe. Il constate que l’ubérisation de l’économie permet aux producteurs de s’affranchir des régulations, des normes et des taxes étatiques. Pour Baverez l’État, face à l’accélération de l’histoire, doit articule son action avec celle des autres États, notamment dans la zone euro, dont la survie est indissociable d’une intégration renforcée.

Chose certaine, à voir le revirement du ministre d’extrême gauche grec, Alexis Tsipras, ces dernières semaines qui a finalement accepté plus d’austérité imposée par l’Europe, il est évident que les politiciens de gauche comme de droite, souverainistes ou fédéralistes, une fois au pouvoir n’ont pas d’autres choix que de se plier au système actuel orienté sur le capitalisme et les intérêts financiers internationaux.