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Travailler dans le confort

Nathalie GENTESSE, M.Sc., agr. ,

Léo, 4 ans, entre dans l’étable avec son grand-père et lui dit : « Chut! Il ne faut pas réveiller les vaches. Elles sont en train de faire du lait. » Instinctivement, il a compris le fondement du respect des animaux en tant qu’êtres vivants, de leur bien-être, de la nécessité du confort et de l’absence de stress. Des valeurs que lui ont transmises son père et sa mère, parfois sans même dire un mot, juste par l’exemple.

Les vaches laitières sont des animaux routiniers dont l’horaire ne doit pas trop déroger, sans quoi une perte de production ainsi que certains problèmes de santé se feront sentir. Depuis plusieurs années, la notion de confort a pris de l’importance et plusieurs études sur le comportement des vaches laitières en lactation ont permis de déterminer les critères de référence. Ainsi, dans une journée typique, la vache se repose en position couchée environ 12 heures, elle mange pendant environ 5 heures et rumine pendant 7 à 9 heures.

Évidemment, le confort des vaches ne se mesure pas seulement à la disposition des logettes ou des stalles. On l’évalue également par d’autres facteurs de l’environnement général tels que la ventilation qui affecte les concentrations d’ammoniaque et la température, l’éclairage qui favorise la consommation ou le repos, etc.,…

Les répercussions négatives d’un manque de confort ou d’un mauvais environnement sur la productivité ou la santé de la vache sont généralement plus subtiles qu’un débalancement de la ration. Par contre, l’environnement confortable de la vache lui permet de réaliser le maximum du potentiel de production de la ration et de sa génétique.

Pendant que la vache rumine, confortablement couchée, elle sécrète des substances tampons qui contribuent à maintenir un pH adéquat dans le rumen. Ceci permet à la microflore, responsable de la fermentation ruminale, de dégrader plus efficacement tous les ingrédients de la ration. Du même coup, la croissance de cette microflore alimente l’intestin de la vache en protéine de qualité qui sera dirigée soit vers les fonctions métaboliques ou la production de lait.

Un grand nombre d’éléments peuvent stresser les vaches et affecter leur routine. Les meilleures vaches du troupeau, tout comme les plus fragiles, sont les plus susceptibles d’être affectées par leur environnement ainsi que par la qualité et la quantité d’aliments servis. Celles-ci sont souvent les premières à montrer des signes qui nous indiquent tout débalancement du milieu ou de l’alimentation.

En stabulation libre ou attachée, pas besoin d’une étable neuve pour rencontrer les critères de base du confort des vaches. Il s’agit d’avoir l’oeil ouvert et de se poser les bonnes questions. Pourquoi y a-t-il une vache sur deux, en alternance, qui est couchée? Les stalles sont-elles assez larges? Pourquoi cette rangée de stalles est-elle moins occupée alors que certaines vaches attendent debout? Etc….Bref, peut-être faut-il simplement prendre les yeux et les oreilles de Léo pour voir et entendre ce que les vaches nous disent…