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On importe trop de fromages illégaux

Pierre NADEAU ,

Un fort pourcentage des fromages importés d’Europe ne rencontre pas nos normes canadiennes et pourtant ces fromages rentrent ici  à la tonne. Il s’agit même de plusieurs tonnes.

La porosité de nos frontières au détriment des fromagers canadiens est un état de fait banal au Canada. Rien de plus. Les fonctionnaires de l’Agence canadienne d’inspection des aliments et ceux de Santé Canada ne semblent pas en faire un cas de conscience, car ils connaissent la situation depuis plusieurs années et ils n’ont pas encore bougé. 

À titre d’exemple, l’utilisation de cuves en cuivre en fromagerie n’est pas permise au Canada. Par contre tous les parmesans, le gruyère et les comtés importés au Canada sont fabriqués dans des cuves de cuivre. Dans certains cas, le cuivre est obligatoire dans les cahiers de charge. A chaque fois que vous mettrez du bon Parmigiano Reggiano dans votre spaghetti, dites-vous bien qu’il est illégal !

On importe également plusieurs fromages dont la maturation se fait à l’extérieur des normes exigées au Canada comme les Roquefort et autres bleus, les fromages de Dalla Toscana Preziosi Fromaggi Di Grotta, certains Emmentaler AOC, le Gruyère de Grotte, et tous les autres qui s’affinent dans des caves, des grottes ou des cavernes à flanc de montagne et toutes les autres salles qui ne rencontrent pas nos normes.

On permet l’entrée de fromages au lait cru qui ne rencontrent pas nos normes canadiennes de 60 jours et l’entrée de fromages qui ne rencontrent pas nos exigences sur les ingrédients laitiers, ni ceux qui ont un niveau élevé de Staphylococcus Aureus.

Le Canada importe plusieurs fromages européens dont la teneur en matière grasse et en humidité rencontrent peut-être les normes internationales de Codex Alimentarius mais pas les normes canadiennes (par ex : Mozzarella Di Buffala, St. Paulin, Camembert, etc.).

Les fromagers canadiens n’ont jamais demandé d’avoir un avantage sur les fromages importés. Toutefois, le contraire sanctionné par l’inertie de nos fonctionnaires a de quoi surprendre.

Les fromagers ont demandé de procéder à une révision de la réglementation afin de l’adapter aux normes européennes ou si la réglementation actuelle est jugée nécessaire, d’interdire l’accès aux fromages qui ne rencontrent pas ces normes.

Bref, ce qu’ils demandent est un peu de justice et d’équité pour eux et un peu plus de crédibilité de la part des organismes règlementaires.