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Si ça marche pour Cuba, pourquoi pas l’UPA ?

Yannick PATELLI ,

Si Cuba entre dans le monde moderne, pourquoi pas l’UPA ? On sait tous que, les États-Unis ayant annoncé la levée de l’embargo sur Cuba, que cette île de rêve, ancrée dans les années 50 et menée d’une main de fer par un pouvoir communiste très contrôlant, va permettre à terme à sa population, plus de liberté.

L’UPA qui a depuis 40 ans maintenu les agriculteurs sous contrôle absolu, devra peut-être, à l’instar des dirigeants cubains, accepter pour le bien-être de ses membres, de vivre dans la modernité et le pluralisme?

Au fil des années, plusieurs décideurs politiques de tradition syndicaliste, une fois leur charge publique abandonnée, ont fait des déclarations clairement en faveur du pluralisme syndical dans le domaine agricole au Québec. Ce fut le cas du plus important ministre de l’agriculture que le Québec ait connu, Jean Garon, en 2013, dans une chronique de La Vie agricole. Propos qu’il réitérait dans ses mémoires: Pour tout vous dire. En automne dernier, Bernard Landry, ancien premier ministre du Québec, surnommé le ``Grand vizir`` pour son expertise économique du temps du gouvernement Parizeau et actuellement mentor de Pierre-Karl Péladeau, nous déclarait : `` L’UPA serait mieux sans monopole``.

Le ministre actuel de l’agriculture, Pierre Paradis, au regard de certaines actions de la dernière année peut laisser  supposer qu’il vise lui aussi une modernité dans la représentation agricole au Québec. À l’Instar du projet de la loi 54 sur le bien-être animal qu’il a déposé en juin dernier à l’assemblée nationale, applaudie par les deux côtés de la chambre et ayant fait consensus, il pourrait très bien envisager au cours des prochains mois, un projet de loi sur la diversité syndicale en agriculture en faisant reconnaitre une loi qui n’obligerait pas les agriculteurs à être membre de l’UPA pour recevoir le remboursement des taxes mais simplement membre d’un syndicat agricole de leur choix. Avec la sortie du rapport Robillard qui recommande justement de dissocier les deux actions, la cotisation syndicale et le remboursement et au regard de ce que le ministre Paradis nous a déclaré à Expo-Champs au sujet du remboursement lié à l’adhésion syndicale : ``  Cette époque est révolue``, on peut penser que la liberté de choix est en marche pour les agriculteurs. Les différents partis n’auraient peut-être pas tant de mal à s’entendre sur ce point. On sait déjà que Québec Solidaire a inscrit le pluralisme à son programme, que la Coalition Avenir Québec a déjà dit être ouverte au pluralisme si c’est la volonté des producteurs. Quant au Parti Québécois, même s’il est traditionnellement syndicaliste avec comme chef, Pierre-Karl Péladeau, on peut douter que le statu quo du maintien du monopole soit une religion encore bien longtemps.  Une fois le pluralisme acquis,  la responsabilité reviendrait à chaque organisation : le Conseil des entrepreneurs agricoles, l’Union paysanne, et l’Union des producteurs agricoles de travailler à gagner ou conserver des membres. La démocratie en quelque sorte. Si la levée de l’embargo sur Cuba en 2015 est justifiée, peut-être que le Québec devrait lui aussi accepter un symbole de liberté dans le monde agricole comme une marque d’évolution pour son avenir comme ailleurs dans le monde et dans le reste du pays et cela qu’il soit au sein de la fédération canadienne ou non !