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Un défi de taille pour le NPD, est-ce réaliste ?

Yannick PATELLI ,

S’il est réélu, rien, absolument rien, n’empêchera le député sortant et candidat du NPD dans la circonscription de Montmagny-L’Islet-Kamouraska-Rivière-du-Loup, François Lapointe, de défendre la gestion de l’offre dans son intégralité selon ce qu’il a fait savoir ce matin par communiqué. Mais le défi sera de taille au regard des informations que La Vie agricole détient. Est-ce réaliste ?

François Lapointe rappelle que l’entente devra être approuvée par de nombreux parlements nationaux, que de longs débats devront se tenir dans les prochains mois. Et il prétend que le PTP pourrait affecter négativement le système de la gestion de l’offre en permettant aux producteurs étrangers d’accaparer une part du marché de nos producteurs : 3,25 % des produits laitiers, 2,3 % pour les œufs, 2,1 % pour le poulet.

 « Le PTP impose à nos producteurs de concurrencer des produits qui sont, eux, subventionnés et qui ne respectent pas nos normes de qualité. Je ne suis pas contre le libre-échange, je crois fermement qu’il est essentiel pour un gouvernement de ne pas négocier une entente qui va dévaluer les produits de nos agriculteurs. Quand les conservateurs ne réussissent même pas à défendre le respect de nos normes de production lors de ces négociations, ils font la démonstration qu’ils sont prêts à abandonner nos fermes familiales à une compétition inéquitable, c’est inacceptable, » a expliqué M. Lapointe.

Le vrai problème est au-delà du système de gestion de l’offre !

Il rappelle, comme l’a écrit La Vie agricole dans sa publication de septembre dernier, que les États-Unis autorisent l’utilisation d’hormones de croissance qui est interdite au Canada. Pour le NPD, le manque de contrôle aux frontières sous le gouvernement Harper fait craindre aux agriculteurs que l’assouplissement des règles permette à ceux qui réussissent déjà à contourner les règles canadiennes d’augmenter leurs activités au Canada. Le NPD évoque d’ailleurs le danger venant de certains producteurs étrangers. Mais il faut savoir que bien des importations de substances laitières en provenance des États-Unis se font par des transformateurs canadiens pourtant propriétaires d’usines au Canada qui ont acheté au cours des dernières années des usines de l’autre côté de la frontière et qui produisent à moindre coût.

L’hormone de croissance connue de longue date !

Malgré qu’aucun politicien n’ait soulevé au cours des dernières années, ni François Lapointe, ni aucun autre, ni la fédération des producteurs de lait, la problématique des ``douanes passoires`` et la problématique de la présence de la somatropine (hormone de croissance légale aux États-Unis et illégale au Canada), M. Lapointe déclare : « Je serai une des voix à Ottawa qui défendra la nécessité de protéger la gestion de l’offre dans son intégralité. Rien, absolument rien, ne m’empêchera de défendre les intérêts de nos fermes familiales».

Un vrai problème, la main-d’œuvre illégale !

Le défi risque d’être grand pour quiconque se retrouvera à la tête du Canada le 20 octobre au matin puisque La Vie agricole a dévoilé avant-hier que la problématique avec les fermes américaines dépasse l’utilisation des hormones de croissance, le silence des autorités sanitaires canadiennes et les trous dans le système de contrôle douanier. Une réalité qui a un impact direct sur le bas prix de la production au sud de nos frontières est l’utilisation de main-d’œuvre illégale sur les fermes américaines telle que La Vie agricole l’a publié cette semaine sur la base d’un communiqué émis par la National Milk Producers Federation (NMPF), le plus important lobby laitier américain qui informait ses producteurs de rester discret sur la présence de travailleurs illégaux pour ne pas faire monter le cout de production de leur lait !