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À nous de jouer !

Pierre NADEAU ,

Avouons-le, la participation du Canada au PTP était inévitable. Autrement, nos  exportations existantes avec ces autres pays et surtout avec les E.U., risquaient de se retrouver les seules de ce groupe avec des tarifs d’importations.  De plus, les avantages compétitifs en laissaient plusieurs rêver en 3D de nouveaux marchés dans tous les domaines, y compris en alimentation. Trop belle occasion pour laisser passer!

Le Canada s’en tire à bon compte !

Je doute que le nouveau gouvernement canadien refuse de signer cette entente même s’il formulait des réserves à son endroit. Il aurait moins à perdre politiquement de le signer que de s’abstenir, d’autant plus qu’il est maintenant majoritaire au Parlement. Il pourra dire que le mal a été fait par un autre gouvernement et le retour en arrière n’est plus possible.

Au chapitre de la gestion de l’offre,  il faut avoir entendu les néo-zélandais, les américains et dans une moindre mesure, les australiens depuis 25 ans  pourfendre notre système laitier pour comprendre que le Canada s’en est tiré à bon compte en 2015. A les entendre, on aurait cru que notre marché leur appartenait et que nous le pirations sans vergogne.

Contrairement à  l’entente de libre-échange entre le Canada et l’Europe qui avait mis l’emphase sur les fromages, les partenaires du PTP s’intéressaient à un plus large éventail de produits laitiers, soit le beurre, le lait de consommation, les poudres, le yogourt, le lait condensé, le lactosérum, la crème glacée, etc.  Mieux vaut parsemer ses pertes sur plusieurs produits plutôt que de les concentrer uniquement sur  un type particulier de fromages.

Le parachute a du volume

Un autre élément qui distingue les deux ententes est qu’il est clair que les négociateurs du PTP ont consulté davantage. Le résultat reflète une meilleure connaissance  de l’agro-alimentaire canadien. Je crois aussi que les leaders de nos industries alimentaires ont bien fait leur devoir et avec discrétion. Le fait que 85% du beurre et du lait de consommation,  que 55% du fromage  et que 30% du yogourt soient destinés  vers des marchés de transformation plutôt qu’au détail aidera à avaler cette nouvelle médecine.   Il est moins dommageable à long terme lorsque le produit importé n’a pas d’identité propre et se retrouve uniquement comme commodité dans une recette de la transformation.

Finalement, nos négociateurs ont su étaler dans le temps (5 ans, 7 ans et 19 ans) certaines des mesures les plus sensibles. Le parachute a du volume.

Le temps permettra d’analyser en profondeur ces deux ententes et surtout comment en tirer le meilleur parti conjointement avec les mesures de compensation. Il y a beaucoup de travail et de changements potentiels à l’horizon. À nous de jouer.

Le lait s’est retrouvé contre son gré avec une mauvaise main dans cette grande partie de poker PTP. A moins d’avoir une mentalité de perdant ou de victime, il est clair qu’il a sauvé une grosse partie de sa mise.