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Il faut un programme comme l’Ontario

Constance PARADIS ,

``Mon opinion concernant l’entente du PTP : Il nous faut un programme comme celui que l’Ontario est en train de développer.``

« Il ne faut pas mélanger les choses. Il faut comprendre les enjeux du système. Le premier enjeu important concerne la protéine liquide, le lait diafiltré, qui entre au Canada par une brèche, sanctionnée par l’Organisation mondiale du commerce. Le tout a d’ailleurs été dénoncé dans La Presse, en juin.  On y faisait mention d’une étude économique sur ce sujet. » a déclaré à La Vie agricole, Luc Boivin directeur général de La Fromagerie Boivin à La Baie.

« Dans la nouvelle entente, les pays autour de la table, ce sont ceux-là mêmes qui ont déjà contesté la gestion de l’offre. La région du Saguenay-Lac-St-Jean s’en souvient tout particulièrement car ça avait contribué à  la fermeture de l’usine de Chambord. Ce sont ces mêmes pays qui acceptent actuellement, dans une entente, de ne plus contester le recours à la gestion de l’offre au Canada et cela pour la durée de l’entente, soit dix-huit ans. La gestion de l’offre ça ne dépend pas du gouvernement; ça dépend des signataires.  La mise en marché du lait ce sont les producteurs de lait, la coopérative Agropur et les autres transformateurs. C’est le gouvernement qui régularise les surplus via le Conseil canadien du lait.»

« Dans cette nouvelle entente, il y a trois éléments qui sont acceptés par les signataires. On a l’assurance que le système de gestion de l’offre va durer et la garantie que le gouvernement ne baissera pas la valeur des quotas de lait. On a aussi des compensations possibles. Cela même si on sait que ces subventions ont toujours été contestées partout dans le monde. »

«La baisse actuelle du prix du lait payé aux producteurs n’est pas liée aux ententes. Les producteurs ont raison d’être inquiets mais ils voient des problèmes où  il n’y en a pas. C’est un mouvement de panique. Ils ne sont pas suffisamment informés. Pour comprendre il faut aller plus loin dans les explications.  Pour survivre on doit vendre. Il faut limiter les dégâts. Il faut gérer le 3.25% qui entre au Canada.  On est capable de le faire.  C’est la croissance intérieure qui est importante. Le défi  se situe au niveau des surtransformateurs. Il faut développer des marchés, s’assurer des possibilités de croissance dans tous les marchés. Par exemple, un producteur de croissant qui importerait ce 3.25% des États-Unis le transformerait en produits qu’il revendrait uniquement à l’extérieur du Canada, dans les Caraïbes par exemple. »

« La solution : il faut mettre de la pression sur l’agence canadienne pour que le concentré protéiné de lait qui entre au Canada soit bien étiqueté plutôt que d’être considéré comme du lait. Ici, à La Fromagerie Boivin et à St-Fidèle, contrairement à ce que certains pensent,  notre fromage est 100% lait canadien. On a toujours été loyal mais on perd 1 à 2 millions de dollars par année. Les usines comme nous n’ont jamais été aidées, encouragées en ce sens. Il nous faut un programme comme celui que l’Ontario est en train de développer. Ça aiderait aussi les producteurs de lait. »

``Mes attentes du congrès de l'UPA en décembre prochain : Je ne peux me prononcer pour l’UPA mais J’ai des idées pour le congrès du lait !``

``Je ne peux pas me prononcer pour l’UPA mais pour le Congrès des producteurs de lait voici les points importants :

-Régler le problème  des concentrés liquides en provenance des USA

- Mettre en place une stratégie nationale concernant les ingrédients du lait au Canada

- Ajouter dans la convention de mise en marché du lait la notion de développement durable afin de favoriser la transformation du lait dans les bassins laitiers excédentaires versus la livraison du lait dans les marchés.``