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Le gouvernement doit faire des producteurs sous gestion de l’offre des partenaires : Leur avenir est en jeu !

Yvon PICOTTE ,

Le 5 octobre, le Canada et onze autres pays ont conclu une entente pour la signature du Partenariat transpacifique (PTP). Entente dont l’intérêt est d'ouvrir les frontières de plusieurs pays fortement peuplés comme le Japon et d’abaisser leurs tarifs élevés sur les produits agricoles et les biens manufacturés. En contrepartie, le Québec subira la concurrence de pays dont les normes et les coûts de production sont souvent nettement inférieures à ce qu’on a ici.

À terme, qui seront les gagnants et les perdants? Il semble que les producteurs de porcs, le secteur du bois d’œuvre et des papiers, l’industrie de l’aluminium, le secteur de l’aérospatiale, les producteurs de petits fruits et de produits de l’érable figurent parmi les gagnants de cet accord de libre-échange. Les grands perdants sont les marchés du lait, des œufs et de la volaille bénéficiant de la gestion de l’offre ainsi que le secteur de l’automobile qui devront être compensés pour les pertes envisagées.

Selon les informations disponibles, le gouvernement fédéral entend consacrer, durant les quinze prochaines années, quelque 4,3 milliards de dollars pour protéger et préserver le système de gestion de l’offre, et ce, uniquement pour ce secteur. De plus, le gouvernement intensifiera les mesures anti-contournement pour renforcer ses contrôles frontaliers notamment en exigeant une certification de la volaille de réforme ou en maintenant les normes de composition du fromage établies en 2008.

S’il est avéré que l’accord du PTP créera de nouveaux débouchés pour les exportations canadiennes de produits agricoles ou manufacturés, il n’en demeure pas moins que le gouvernement devra être vigilant au moment de l’entrée de nouveaux produits. Tous les produits alimentaires ou manufacturés qui seront importés devraient satisfaire à des normes de production équivalente à celles en vigueur au Canada et respecter nos règlements en matière de santé et de sécurité. Le gouvernement a l’obligation d’assurer une protection maximale des consommateurs canadiens.

Dans ma chronique de mai dernier, je m’interrogeais sur la valeur ajoutée de telles ententes si l’effet immédiat a pour conséquence de sabrer dans l’économie locale et régionale et de supprimer des milliers d’emplois et qu’en plus, le gouvernement doive compenser les pertes des producteurs et des transformateurs.

Compte tenu des informations disponibles, mon interrogation demeure toujours sans réponse à l’exception des sommes annoncées que devra débourser le fédéral! Un accès restreint et limité pour les produits sous gestion de l’offre permettra-t-il de sauvegarder l’avenir de nos fermes laitières et la survie de nos producteurs d’œufs et de volaille? À notre connaissance, aucune mesure n’est prévue pour inciter la relève agricole à reprendre une production sous gestion de l’offre.

La Commission canadienne du lait (CCL) et le Conseil des produits agricoles du Canada (CPAC) veilleront à la prestation efficace et efficiente des deux principales mesures: le Programme de garantie du revenu et le Programme de garantie de la valeur des quotas. Deux programmes qui visent à permettre à nos producteurs une protection intégrale de leur revenu durant quinze ans et à accroître leur compétitivité et leur croissance.

À partir de l’entrée en vigueur du PTP et pour les quinze années à venir, il faut s’assurer que les mesures de compensation ne soient un frein aux opérations quotidiennes et, encore moins, ne suscitent des tracasseries administratives compliquées et complexes à nos producteurs.

Bien que j’ai confiance dans ces deux organisations, il m’apparaît essentiel que les producteurs de l’industrie laitière,de la volaille et des œufs soient étroitement associés à la mise en place et à la gestion de ces programmes, et ce, pour éviter qu’on implante une gestion complexe et excessive.

Le temps est désormais compté pour les producteurs de l’industrie laitière, de la volaille et des œufs! Le gouvernement doit rapidement passer de la parole aux actes en faisant d’eux, de véritables partenaires. L’avenir des exploitants de ces productions au Québec est en jeu!