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Un PDZA pour savoir ce qu'on peut faire des terres agricoles

Jean-Pierre LEMIEUX ,

 

La MRC de L'Islet, comme d'autres régions du Québec, mise sur son Plan de développement de la zone agricole (PDZA) pour relancer non seulement l'agriculture mais aussi toute la communauté, une relance de la ruralité.  Que cela soit par la base de données des transactions foncières que le Ministère de l'Agriculture veut mettre en place ou par une initiative comme celle de la MRC de Brome-Missisquoi (banquedeterres.ca).  C'est le besoin urgent du partage d'information sur les ressources et les disponibilités de terres agricoles qui est perçu comme une priorité.

Ces informations pourraient servir à des jeunes qui songent s'installer en région et qui cherchent une portion de territoire pour établir leur petite ferme spécialisée. La responsable de la consultation, Mme Catherine Langlois, a aussi donné l'exemple d'un éleveur de bison qui cherchait une terre, dans le sud de la MRC, pour faire paître son troupeau. La MRC ne pouvait répondre à la demande. Un autre agriculteur a rapporté avoir préféré consulter son troisième voisin puisqu'il savait que la MRC ne pouvait répondre à son questionnement.

La MRC de L'Islet sait que les fermes représentent 228M$ en richesse foncière en 2015 sur son territoire mais sans connaître le détail de l'usage qui en est fait. Y-a-t-il des terres qui pourraient être remise en culture? Combien de terre en friche? Mme Langlois a précisé : « Dans la MRC de L’Islet, 81 % des terres en friche (identifiées de façon préliminaire) appartiennent à des résidents du territoire, soit résidents dans les limites de la MRC. En ce qui concerne les propriétés forestières de 4 hectares et plus (donc les lots boisés dont les propriétaires sont admissibles à s’enregistrer à leur syndicat local), ce pourcentage s’élève à 73 % ».

La recherche menée par Mme Langlois révèle que la MRC de L'Islet n'est pas si différente des autres mais... depuis 1981 en baisse de 16% de la population (c'est plus que les MRC voisines) et d'ici 2036 une autre baisse de 8% est prévue, pour se retrouver la 2e plus dévitalisée de Chaudière-Appalaches et la 3e la plus âgée au Québec. Pour développer les territoires ruraux on ne peut espérer sur la grande industrie mais l'agriculture a un certain attrait pour les jeunes. Il faudra cependant s'adapter estime Mme Langlois. Cette démarche de consultation pourrait se transformer en table de concertation permanente pour assurer un suivi.

« La ferme rapporte à la municipalité sans compter que les producteurs sont souvent impliqués dans leur communauté » de noter Mme Langlois. Il y a 735 travailleurs en agriculture ce qui représente 8,2% des emplois dans la MRC.

Ne pas oublier la forêt

Pour le préfet de la MRC de L'Islet, M. Jean-Pierre Dubé, la zone agricole ce n'est pas seulement des producteurs, pas seulement des fermes, il y a d'autres usages : résidentiel, récréatif sans oublier la forêt.

M. Dubé insiste sur l'importance de mettre l'accent sur la qualité et d'être attentif aux demandes des clients éventuels afin d'y répondre adéquatement. Pour M. Dubé, également maire de Saint-Jean-Port-Joli et président du conseil d'administration de la coopérative Exceldor, le mouvement coopératif serait une bonne façon de regrouper les efforts.

La diversité

On peut s'inspirer de ce qui se fait ailleurs mais il faut l'adapter à chez-nous. « Au Québec l'agriculture ce n'est pas seulement les 'grandes cultures' (maïs, soya), d'ailleurs le territoire de L'Islet ne s'y prête pas du tout ».

Pour M. Lionel Levac, conférencier invité, il faut s'éloigner de la culture de masse et miser sur la diversification et l'efficacité.

« Même si la gestion de l'offre tombait, ce qui n'est pas pour demain, il faudrait encore plus de diversité et moins se fier aux 'commodités' » selon M. Levac. Il faut miser sur une bonne gestion et la diversification qui sont les clés du succès d'ajouter l'ex-journaliste de Radio-Canada.