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Le Québec prend le leadership sur les pesticides.

Gérard SAMET ,

Regrouper David Heurtel, le ministre du Développement durable, de l’Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques, Sidney Ribaux, le cofondateur et directeur général d’Équiterre et Le prestigieux Dr François Reeves, un des professeurs agrégés de médecine de l’Université de Montréal, parmi les plus engagés sur les questions d’environnement et de changement climatique, membre du Cercle scientifique David Suzuki, est un défi qui ne pouvait réussir que pour une grande cause. C’est ce qui a été fait ce matin, le 21 novembre, au Jardin botanique de Montréal.

Une Stratégie pour favoriser les biopesticides

Le Québec annonce en effet une nouvelle Stratégie et une grande initiative pour protéger le vivant et la biodiversité des pesticides les plus à risque. Comment ? En favorisant l’utilisation de biopesticides, moins à risque.

Le gouvernement québécois va donc présenter en 2016 un nouveau projet de loi destiné à réglementer l’utilisation des pesticides parmi les plus dangereux en agissant sur l’achat, l’implantation de sanctions et la nécessité d’un avis d’expert agronome pour la mise en marché.

Les états fédérés, les plus engagés

Des balises précises seront intégrées dans le nouveau dispositif légal et réglementaire. David Heurtel l’affirme : « Ce sont les états fédérés qui, en Amérique du Nord, prennent le plus d’engagements sur des cibles pour le climat et le développement durable ». Est-ce un hasard si le Québec annonce sa nouvelle Stratégie sur les pesticides une semaine avant la conférence de Paris des Nations Unis sur le changement climatique (Cop 21) ?

Équiterre en appui à l’action gouvernementale

Sydney Ribaux, le directeur d’Équiterre, utilise des mots forts pour attaquer l’utilisation de pesticides parmi les plus dangereux, sans que cela soit justifié.  

« Ce sont des pratiques culturelles dépassées. Il y a un défi de formation de leurs utilisateurs ». Pour lui, lutter contre les pesticides les plus à risque est un des enjeux parmi les plus importants au monde.  Il s’agit simplement d’appliquer un principe de précaution.

Les pesticides utilisés en majorité par l’agriculture, mais également par tous les jardiniers et en milieu urbain pour entretenir les parcs, sont des poisons nuisibles pour la santé humaine et qui détruisent les pollinisateurs comme les abeilles.

Or, les abeilles par exemple sont indispensables au cycle de reproduction des végétaux. Lutter contre la destruction des essaims d’abeilles n’est pas seulement un objectif économique d’envergure, mais est également indispensable pour protéger la biodiversité, l’environnement, les espèces végétales et le développement durable de l’agriculture.

Le leadership du Québec pour l’utilisation des biopesticides!

Le Québec a donc décidé d’être un fer de lance sur ce sujet en Amérique du nord, rejoignant tout de même sur ce sujet l’Ontario et le Nouveau-Brunswick.

Selon le ministre David Heurtel, et Sidney Ribaux, les pesticides qui sont les plus utilisés sont aussi les plus nocifs, alors que la majorité d’entre-deux peuvent être remplacés par des produits beaucoup moins toxiques. Les biopesticides sont un exemple souvent cité.

68% de traces de pesticides dans les puits artésiens

Les pesticides les plus à risque, parmi lesquels figurent l’atrazine (interdit en Europe depuis plus de dix ans), le chlorpyrifos ou les néonicotinoides, ont des conséquences sur la santé, l’environnement et les pollinisateurs. Ainsi, le Dr Reeves, cite le chiffre de 68% de traces de pesticides au fond des puits artésiens. Ainsi la nappe phréatique et l’eau que l’on consomme comprend des pesticides qui sont nuisibles pour toutes les espèces vivantes.

La Stratégie innovante du Québec n’est pas isolée en Amérique du nord. (on cite aussi  la nouvelle initiative climatique de l’Alberta, la Californie). Elle se fera en coordination avec les trois niveaux de décision en la matière, le fédéral, la Province et les municipalités. La position du Dr Reeves varie toutefois du discours de certains experts tel Guy Forand, agronome interrogé par La Vie agricole qui déclarait le mois dernier : ``…Le discours sur l’atrazine, c’est un faux débat car elle est très peu utilisée de nos jours en agriculture au Québec``