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Groleau désespéré de Paradis et du gouvernement libéral !

Yannick PATELLI ,

 

Au cours d’un discours fleuve de plus d’une heure à la Castro, Marcel Groleau a présenté à ses délégués des régions sa vision de l’agriculture. Il n’a pas été très tendre envers le ministre Paradis, le gouvernement libéral et leurs choix, c’est le moins qu’on puisse dire !

L’UPA a besoin d’alliés

D’emblées il a rappelé que L’UPA a besoin d’alliés car les producteurs ne représentent que 0,5 % de la population du Québec. Mais il a aussi souligné que l’agriculture avec l’agroalimentaire sont les secteurs les plus importants de l’industrie comme l’a démontré récemment l’Étude de l’Institut du Québec.  Il s’est dit heureux de compter parmi ses alliés, les fournisseurs, les transformateurs et les banques.

Le PTP acceptable pour Groleau

Sur son bilan annuel, il a rappelé sa fierté d’avoir pu se doter d’une coalition avec ``Forts et Unis`` pour passer son message dans le cadre du Partenariat Transpacifique (PTP).`` On n’était pas naïfs. On savait que le PTP devait se signer. On devait par contre s’assurer qu’on ne soit pas sacrifiés. Il est vrai que pour certains producteurs sous gestion de l’offre, on a terminé avec certaines concessions mais au résultat final pour les producteurs sous gestion de l’offre,  je pense qu’il y a encore un potentiel. Le PTP est une entente acceptable.``

Le président de l’UPA a voulu toutefois rappeler aux gouvernements que ``l’ouverture des marchés n’est pas la panacée à tous les problèmes`` Et il a fait part de l’importance du rôle de l’État dans le développement agricole.

Manque de consultation sur le dossier des pesticides

Sur le dossier des pesticides dans lequel le gouvernement du Québec veut légiférer en 2016, Marcel Groleau rappelle qu’en 2011 on prévoyait  réduire de 25 % l’impact négatif des pesticides et qu’il faut se rendre à l’évidence qu’on n’a pas réussi.  `` On ne peut être indifférents à la situation mais on ne peut pas non plus lancer la pierre aux producteurs. On n’est pas contre l’idée du ministre Heurtel de vouloir un meilleur usage mais il aurait fallu consulter et expliquer avant pourquoi l’objectif de 2011 n’a pas été atteint. Et quant à la vision du ministre Paradis qui pense que Monsanto a plus de pouvoir que le gouvernement, je mettrais un bémol à cette affirmation.``

Sur le pipeline Énergie Est : `` Si le pipeline passe sur des terres agricoles, on ne laissera pas tomber les producteurs où il va passer`` a précisé M.Groleau.

Aucune confiance en Pronovost  dit Groleau

Sur la relève agricole, Marcel Groleau a été on ne peut plus cinglant envers le ministre Paradis, le gouvernement Couillard et Jean Pronovost.`` Les jeunes ont eu leur lot de frustration avec le projet du rapport Pronovost. Il est inadmissible qu’on ne tienne pas compte de l’avis d’une organisation spécialisée dans la relève depuis 33 ans (la FRAQ). Les jeunes n’ont pas été invités à travailler avec Pronovost seulement l’UPA l'a été.  Il n’y a pas eu de rendez-vous depuis sa nomination entre le ministre Paradis et la FRAQ ! Pronovost est un choix politique et le ministre Paradis a ainsi politisé le problème de la relève. On n’a pas confiance dans le rapport Pronovost. Rappelez-vous que du premier rapport Pronovost on n’a seulement retenu qu’il voulait la fin de l’accréditation unique. Mais il voulait aussi la fin de l’ASRA sur le modèle européen et voyez où en est rendue l’Europe aujourd’hui ! Je vous informe aussi qu’un jeune de l’Estrie n’a pas pu rencontrer M. Pronovost lorsque son équipe a su qu’il était président de la relève agricole de sa région !`` de dire Marcel Groleau.

L’UPA exige une rencontre avec le premier ministre 

Sur la toute dernière alliance avec le Conseil de la Transformation alimentaire du Québec (CTAQ)`` On a toujours dit qu’on voulait faire partie de la stratégie de l’économie québécoise avec le secteur agroalimentaire. L’agriculture ça représente 8 milliards de dollars et l’agroalimentaire, 24 milliards de dollars. Les deux secteurs réunis, c’est 117 000 emplois. On veut rencontrer le gouvernement. Un secteur qui désinvestit n’est pas un secteur qui se développe. On demande officiellement un rendez-vous à M.Couillard.`` a dit le président de L’UPA Marcel Groleau.

Et de conclure :`` J’ai encore beaucoup de projets et pour plusieurs ministères on est encore une source crédible.``

L’affront au ministre Paradis n’est même pas voilé. Le ministre de l’agriculture du Québec sera demain après-midi au congrès de l’UPA à Québec. Reste à voir quelle sera sa réponse à toutes ces critiques envers son action et celle de son gouvernement.

En sortant, David Boissonneault, président de la Fédération des producteurs de porcs me faisait remarquer qu’il fallait aussi retenir les aspects positifs du discours de M.Groleau et des possibilités d’investissements dans le monde agricole.  `` Il faut voir aussi les paroles de Marcel Groleau comme une interpellation auprès du gouvernement!``