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Retour stratégique et souhaité de Marcel Groleau

Yvon PICOTTE ,

Il est généralement reconnu que l’élection des administrateurs d’un conseil exécutif est une étape cruciale voire essentielle pour assurer la vie démocratique d’une organisation. Mais en raison de circonstances exceptionnelles, une organisation est appelée à modifier sa façon de faire et exige de la part de ses membres de modifier leur pensée en la matière et d’adopter une ouverture d’esprit certaine. Ça a été le cas cette année au congrès de l’UPA. En effet, les délégués au 91e Congrès général de l’UPA ont uniquement confirmé la réélection de leurs officiers du Conseil exécutif, ces derniers étant les seuls à avoir déposé leurs candidatures pour les fonctions de président, de premier et deuxième vice-président.

Cette réélection sans opposition me semble une décision très sage de la part des quelque 42 000 productrices et producteurs agricoles et de tous les producteurs forestiers du Québec. Deux raisons me portent à penser que c’est une décision que je qualifierais également comme «stratégique» dans le contexte actuel.

L’expérience de l’équipe en place et notamment de son président militait en faveur de leur réélection dans le contexte de l’entrée en vigueur de l’accord avec l’Europe et, prochainement, du Partenariat Trans-Pacifique (PTP). Cette équipe a déjà la connaissance de ces deux dossiers et de leurs enjeux particuliers pour les producteurs et productrices agricoles du Québec. Il aurait fallu plusieurs mois à de nouveaux officiers pour s’approprier ces deux dossiers et connaître, de manière détaillée et pointue, leurs enjeux particuliers et leurs aspects techniques.

De plus, la réélection de  cette équipe constitue un atout indéniable pour la défense de la position des producteurs sous gestion de l’offre dans les discussions à venir avec les représentants du nouveau gouvernement libéral. Comme annoncé durant la dernière campagne électorale, l’UPA et ses représentants pourront faire entendre leurs positions à l’égard du PTP et des compensations à obtenir pour les pertes prévisibles de revenus des producteurs sous gestion de l’offre.

Le président de l’UPA pourra, à juste titre, rappeler l’engagement du Parti libéral de consulter les Canadiens sur cet accord PTP. De plus, Marcel Groleau a déjà signifié publiquement son intention de revenir sur la déclaration de la ministre du Commerce international, Chrystia Freeland, au Sommet sur la Coopération économique pour l’Asie-Pacifique. À cette occasion,  la ministre a déclaré que le nouveau gouvernement canadien ne se sentait pas lié par le plan de compensation de 4,3 milliards $ annoncé par le précédent gouvernement pour les producteurs sous gestion de l’offre.

Le président Marcel Groleau, étant lui-même producteur laitier, connaît bien les enjeux et sera, bien entendu, un défenseur de première ligne pour obtenir les compensations financières adéquates et nécessaires de la part du nouveau gouvernement libéral.

 

À l’instar de l’UPA et de ses représentants, plusieurs observateurs avisés s’accordent pour reconnaître que les pertes encourues par les producteurs sous gestion de l’offre seront nettement supérieures aux compensations annoncées par le gouvernement Harper.

C’est justement là que la réélection de Marcel Groleau prend tout son sens notamment en raison de ses années d’expérience à la tête de l’UPA et de sa connaissance des enjeux actuels.

N’est-il pas avéré que le passé est garant de l’avenir ?