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Le réchauffement climatique problème ou chance pour l’agriculture ?

Yannick PATELLI ,

De nombreux experts et chefs de gouvernements étaient réunis à Paris dans le cadre de la COP21 fin novembre, début décembre pour alerter les populations sur les changements climatiques à venir. Ces experts prévoient des orages plus fréquents et plus puissants avec le réchauffement des températures causé par les activités des humains. Quel impact sur les cultures ?

Les impacts du réchauffement climatique affectent la vie quotidienne de toute l’humanité selon Nicolas Hulot, célèbre militant écologiste français. Plusieurs pays subissent des conditions météorologiques plus violentes depuis la dernière décennie précise-t-il. Ici au Québec certains constatent par eux-mêmes l’effondrement de berges comme le  rappelle Steven Guilbeault, d’Equiterre, et chaque semaine ces mêmes personnes constatent que la facture d’épicerie augmente aussi à cause des changements climatiques qui ont un impact sur les cultures, notamment en Californie, d’où provient la plupart de nos fruits et légumes en hiver. La NASA, a-t-il confié récemment au Journal de Montréal, prétend qu’il ne reste qu’une année de réserve d’eau en Californie.

Les avis sont partagés entre les écologistes qui prétendent que la hausse des températures ne favorisera pas l’agriculture au Québec à cause notamment de l’arrivée  de nouveaux insectes qui s’attaquent aux récoltes (c’est l’avis du consortium de recherche Ouranos) et ceux qui. contrairement à Ouranos voient dans le réchauffement climatique, l’occasion de faire deux cultures par année au Québec.

Quand le dérèglement climatique devient un avantage !

Déjà dans le cadre du 65 ème congrès des agronomes du Québec en 2005, Gilles Bélanger, Ph. D. Chercheur scientifique en agronomie et écophysiologie du Centre de recherche et de développement sur les sols et les grandes cultures Agriculture et Agroalimentaire Canada (AAC),à Québec et Andy Bootsma, M. Sc. Chercheur scientifique en agroclimatologie du Centre de recherche de l’Est sur les céréales et les oléagineux AAC, Ottawa ont précisé que les changements climatiques au cours des prochaines cinq décennies devraient occasionner des augmentations de rendement de maïs, de soya et de plantes fourragères. Tout en reconnaissant les risques accrus associés à la production agricole ils considéraient que ce réchauffement climatique représentait aussi un défi positif pour le monde agricole. ``Les augmentations de rendement de plusieurs cultures importantes et le développement de nouvelles cultures dans plusieurs régions du Québec constituent des opportunités intéressantes``, écrivaient-ils.

``Certaines régions agricoles du Québec (Saguenay/Lac-Saint-Jean, Abitibi, Bas-Saint-Laurent/Gaspésie) ont présentement une accumulation d’UTM trop faible pour envisager la production de maïs-grain et de soya (UTM < 2 300). Les conditions climatiques prédites devraient permettre d’envisager la culture du maïs-grain et du soya dans ces régions au cours de la période 2040-2069 et d’y obtenir des rendements de 6,4 à 8,0 t/ha en maïs-grain et de 2,6 à 3,0 t/ha en soya . Pour les régions où la culture du maïs-grain est déjà possible, les rendements au cours des 50 prochaines années devraient augmenter de 54 % au sud du Québec, de 70 % au centre du Québec et de 57 % dans l’Outaouais. Quant au soya, les rendements devraient augmenter de 39 % dans le sud du Québec, de 42 % dans le centre du Québec et de 35 % dans l’Outaouais `` précisaient-ils alors.

Peut-on et veut-on réellement éviter la montée des températures ?

On parle souvent dans les médias généralistes du danger de dépasser la limite de la hausse des températures à 2 °C d’ici la fin du siècle. Selon le Groupe intergouvernemental d’experts sur le climat, au-delà de 2°, le climat planétaire pourrait avoir des conséquences catastrophiques, comme la hausse incontrôlée du niveau de la mer ou la fonte du pergélisol. Pour contrer cette augmentation de deux degrés il nous faudrait réduire les émissions mondiales de plus de la moitié d’ici 35 ans. Que faire à court terme quand les scientifiques nous disent que l’année 2015 sera la plus chaude jamais connue depuis 1880 ? Quelques grandes orientations ont été données à Paris. Reste à savoir si une fois revenu chez eux, chaque chef de gouvernement n’aura pas la mémoire trop courte face aux défis du quotidien.

La FAO ( Food Agriculture Organization) répète depuis plusieurs années que l’agriculture devra répondre à de multiples exigences et générer de multiples avantages.  1 milliard de personnes sur une population mondiale de 7 milliards, souffre de faim chronique. Toutes les six secondes, un enfant meurt de faim. Les exigences futures qui pèseront sur l’agriculture lanceront un autre défi de taille : nourrir une population estimée à 9,1 milliards d’individus en 2050 (d’après la FAO, la production alimentaire devra augmenter de 70 %). Mais prévient-elle : L’agriculture devrait réaliser cet objectif sans dégrader ni épuiser les ressources naturelles.

 

 

Hausse des températures:

Hausse moyenne au Québec depuis 1950

1 à 3 degrés

Hausse prévue d’ici 2100

4 à 7 degrés

Hausse prévue pour le nord du Québec d’ici 2100

15 degrés en hiver

Émissions mondiales entre 1990 et 2011

+42 %

Émissions québécoises par rapport à 1990

-8 %

Source Ouranos et Environnement Canada