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Québec divisé

Yannick PATELLI ,

Alors que le ministre de l’agriculture du Québec, Pierre Paradis veut organiser en 2016 un grand sommet de l’alimentation réunissant les producteurs, les transformateurs, les distributeurs et les consommateurs, certains acteurs politiques du milieu agricole montent au front pour réclamer plutôt une politique agricole claire.

Côté syndical, L’UPA s’est d’emblée dit peu impressionné par l’idée d’un sommet et en faveur d’une politique agroalimentaire immédiate. Le Conseil des entrepreneurs agricoles a quant à lui félicité aussitôt le ministre Paradis pour cette démarche d’un sommet qui permettra l’échange entre tous les intervenants de la chaîne de production. L’Union paysanne a annoncé qu'elle participera  à celui-ci en espérant dégager le plus grand consensus possible autour d'un modèle agricole et alimentaire québécois.

On aurait pu penser que le parti québécois soit séduit par cette démarche quelque peu ``garonienne`` puisque l’on sait que les grands sommets réunissant tous les acteurs en cause faisaient partie des stratégies de M.Garon.  Mais André Villeneuve, critique agricole au parti québécois a préféré se coller à l’UPA et présenter une motion* pour obtenir une stratégie québécoise de l’agroalimentaire immédiatement. Elle a  été refusée par les libéraux à l’assemblée nationale en décembre. Reste à espérer que Pierre Paradis ait bien l’intention de réaliser le sommet rapidement et d’appliquer une politique agricole intégrant toute la chaîne de production incluant les consommateurs.

Comme disait le mois dernier Jacques Proulx, ex-président de l’UPA, c’est quand Paradis fera un grand sommet que l’on saura s’il devient un grand ministre. Paradis a l’occasion de créer la dynamique pour rapprocher deux grandes solitudes, le monde urbain et le monde rural à travers ce grand projet. Comme la gestion des plans conjoints est au cœur du système de l’agroalimentaire,  aura-t-il l’audace de travailler pour que ceux-ci soient, à l’avenir, gérés par tous les intervenants de la chaîne de production, le syndicat, les transformateurs, les distributeurs et les consommateurs ? C’est là que l’on saura s’il devient un grand ministre !

 

*«Que l'Assemblée nationale demande au gouvernement de mettre en place rapidement une stratégie québécoise de l'agroalimentaire, comme le demande la coalition formée du Conseil de la transformation alimentaire du Québec et de l'Union des producteurs agricoles, avec l'appui de La Coop fédérée, de la Faculté des sciences de l'agriculture et de l'alimentation de l'Université Laval et du Mouvement Desjardins. »