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Différentes perspectives du PTP

Pierre NADEAU ,

Le partenariat Trans Pacifique est maintenant signé, il devra être entériné et entrera en vigueur le 1er janvier 2018 ou peu après. Les douze pays membres : l’Australie, le Brunei, le Canada, le Chili, les États-Unis, le Japon, la Malaisie, le Mexique, la Nouvelle-Zélande, le Pérou, Singapour et le Vietnam, tous limitrophes à l’océan Pacifique, représentent comme groupe 792 millions d’habitants et affichent un PIB combiné de 28,1 billions de dollars soit environ 40% du marché mondial.

La Banque mondiale estime que les économies les plus faibles en seront les plus grandes bénéficiaires d’ici l’an 2030, notamment le Vietnam avec 10% de croissance, la Malaisie avec 8% et le Brunei avec 5% de plus. Les économies des pays d’Amérique du Nord de même que l’Australie et la Nouvelle-Zélande ne bénéficieront que d’un gain plus modéré (environ 0.6% à 0.7%) avec le PTP puisqu’ils connaissent déjà une libéralisation de leur économie. Toutefois, on oublie souvent de mentionner l’importance pour tous de ne pas se retrouver exclu de cet important partenariat et par le fait même, de donner à ses compétiteurs des avantages  dont serait privé le pays non participant.

À la lecture de rapports et articles variés des pays membres sur l’aspect macro du PTP, seulement le Canada et la Nouvelle-Zélande mettent en relief l’intérêt de l’industrie laitière. Les autres pays n’en parlent tout simplement pas, hormis les publications spécialisées.

En Nouvelle-Zélande, le ton a été donné par leur premier ministre, John Key, en annonçant la signature de l’entente en principe en octobre dernier lorsqu’il a avoué publiquement sa frustration de n’avoir pu obtenir davantage pour son pays dans le domaine du lait.

Toutefois, presque toutes les analyses du PTP dans ce pays de l’hémisphère sud insistent sur l’importance pour eux de signer cette entente en dépit de la déception des résultats obtenus dans le domaine du lait et en particulier du peu de concessions des Canadiens dans ce domaine.

Les perceptions changent radicalement en fonction des perspectives. Au Canada laitier on voit toute autre chose dans cette entente.

Nous en savons très peu sur les négociations, car le processus était secret au grand dam des journalistes des 12 pays, mais le Globe and Mail nous a révélé qu’un conseiller du président Obama aurait admis que le Canada a retardé ce qui constituait la première étape d’une série de négociations clés l’été dernier dont le point d’ancrage était l’offre du Canada sur la gestion de l’offre.

Cette nouvelle a quelque chose de positif pour les producteurs laitiers canadiens, car elle permet de conclure que leur industrie laitière a exercé une influence mondiale au-delà des attentes dans ce dossier en dépit des résultats obtenus.

Les pays auront deux ans pour ratifier l’entente. Nous pouvons anticiper qu’il y aura plusieurs élus membres de partis de l’opposition de plusieurs pays qui soulèveront  toute une gamme de problèmes reliés au PTP, voire arriveront peut-être à  susciter une certaine opposition, mais j’imagine mal que des chefs d’États prennent la responsabilité d’empêcher leur pays d’accéder à l’ouverture du plus important marché mondial.

L’exclusion du PTP pour un pays serait de loin le pire des scénarios.