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Redonner la place aux producteurs

Benoit Girouard ,

Le syndicalisme agricole après avoir connu ses heures de gloire dans les années 70-80 s’est transformé par la suite en machine à imprimer de l’argent. Le plus triste est que ce sont les agriculteurs qui en ont fait largement les frais. Pensons à l’augmentation constante des prélevés des plans conjoints et à la cotisation obligatoire de l’UPA  qui en plus d’être l’une des plus élevées de tout le monde agricole, augmentera encore dans les prochaines années. Les agriculteurs que nous rencontrons sur le terrain nous confirment qu’ils n’ont plus aucun contrôle sur la machine et c’est pourquoi ils l’ont désertée.

 

L’Union paysanne croit qu’il faut revenir à une démocratie directe et alléger les structures syndicales. Les agriculteurs sont des chefs d’entreprises, notre devoir est de les défendre, bec et ongles, pas de leur dire quoi penser, affirme Benoit Girouard président de l’organisation.

De l’argent pour remplir les tours de Longueuil

L’Union paysanne croit que l’argent le mieux placé est celui qui reste à la ferme. Donc il est nécessaire de ramener la cotisation syndicale à une seule par ferme et dans la moyenne canadienne. Les plans conjoints devront aussi justifier l’efficacité de leurs prélevés. Un plan conjoint doit normalement améliorer les revenus des agriculteurs il faut donc s’assurer que c’est le cas. Les prélevés se sont multipliés et ne sont pas toujours justifiés. Le système actuel prélève dans les poches des agriculteurs environ 150 millions de dollars annuellement. Comme disent les agriculteurs sur le terrain, c’est bon pour remplir les tours de Longueuil.

Un fromager-artisan qui paie le transport du lait, alors que le lait ne sort pas de la ferme, un producteur qui doit racheter son poulet avant de le vendre aux consommateurs, comme s’il était Olymel, ça n’a pas de bon sens. Trop de producteurs depuis longtemps se battent contre leur syndicat qui n’écoute pas leur besoin.

Des Fédérations qui font la sourde oreille

La question du hors-quota en est un exemple flagrant. Alors qu’il est possible de faire plus d’un millier de poulets hors quota dans les provinces de l’ouest, le Québec est l’endroit le plus restrictif en la matière avec cent oiseaux.  Des milliers de producteurs pourraient améliorer leur revenu en bénéficiant d’un hors quota plus généreux. Malheureusement, les Fédérations font la sourde oreille aux demandes répétées de réformer le système depuis 20 ans.

Tout le portrait, brièvement dressé ici nous ramène à la conception même de l’agriculteur. Est-il un chef d’entreprise, ou un ouvrier d’usine? L’UPA  des derniers 20 ans semble avoir placé l’agriculteur dans un rôle d’ouvrier d’usine. Selon l’Union paysanne, ça explique largement les murs frappés par le syndicalisme agricole et nous militons pour le retour d’une vraie et réelle démocratie pour et par les agriculteurs.