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La « nationalité » du bœuf que nous mangeons

Jean-Pierre LEMIEUX,

Durant le long trajet qui mène le bœuf de son élevage à votre assiette il en perd sa nationalité. Le bœuf de consommation courante est abattu en Ontario ou aux USA. Une fois sur place il est placé avec les autres venant d'ailleurs, il est abattu, débité et ce qui revient ce sont des morceaux de viandes.

Pour M. Jacques Thériault de Saint-Tite, représentant pour une maison qui vend des médicaments pour les animaux et producteur de bœufs lui-même, cela ne met absolument pas la santé des consommateurs en danger, des inspections ont lieu durant tout le processus et ce que nous mangeons est sain.

« La traçabilité c'est tant que l'animal est vivant mais comme il est transporté dans un abattoir inspecté, il n'y a aucune raison de craindre quoi que ce soit ». M. Thériault ne voit pas de problème car tout le processus est surveillé.

Le consommateur reste le principal décideur
M. Thériault explique que « le marché du 'prime' et du 'AAA' c'est la restauration qui l'a. Dans les supermarchés on a du 'select', du ' A' ou du ' AA' ». Mais il faut que le consommateur accepte de payer le prix sinon « tu vas manger des céréales, du gras et de la teinture ». Il est à même de constater l’intérêt du client lui-même car l'été il exploite une cantine et y sert du bœuf produit chez lui. Il le fait abattre dans un petit abattoir régional à Grand-mère. La traçabilité jusqu'au consommateur.

Quand on lui parle de l'utilité ou de la faisabilité d'un abattoir au Québec, M. Thériault hésite. Bien sûr il y a la pression exercée par les gros abattoirs qui peuvent faire baisser les prix pour rendre difficile une relance d'abattoir. Mais, dit-il, « avant de tuer de la viande, il faut la vendre ». C'est le consommateur qui décide s'il est prêt à payer le prix.

« Oui il y aurait probablement de la place pour un abattoir au Québec pour bouvillon pour être sûr de garder notre viande et un classement » estime-t-il, « mais il faut la vendre notre viande. C'est le porte-monnaie qui parle ». « Et, est-ce que les gros abattoirs vont laisser faire ça? » ajoute-t-il.

Un label COOL
Un loi américaine adoptée en 2002, mise en vigueur en 2008, prévoit l'étiquetage d'origine obligatoire (COOL pour « country of origin labelling ». Un fonctionnaire du gouvernement fédéral explique : « Un animal doit être né, engraissé et abattu aux États-Unis pour être étiqueté 'Produit des États-Unis', sinon il fera l’objet d’une identification mixte 'Canada – Mexique – États-Unis ' » (http://www.parl.gc.ca/content/lop/researchpublications/prb0834_08-f.htm)

Selon le ministre de l'Agriculture du Canada, M. Gerry Ritz, cette réglementation sur l'étiquetage coûte chère à tous et il voulait éviter une guerre d'étiquetage avec les États-Unis. Le Canada a perdu, les parlementaires américains ont refusé de faire les changements à la loi.

Selon la Presse canadienne le ministre de l'Agriculture et le ministre du commerce international, M. Ed Fast, ont affirmé que le Canada « pourrait réagir en imposant des barrières tarifaires sur certains produits américains à titre de représailles commerciales ». ( http://www.lapresse.ca/actualites/politique/politique-canadienne/201401/27/01-4732977-etiquetage-de-la-viande-le-canada-perd-une-manche-contre-les-e-u.php )

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