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Après les ``méchants`` Chinois (de Montréal), les méchantes inc. !

Yannick PATELLI ,

L’UPA a développé quelques phobies. L’UPA essaye depuis quelques années de faire peur en invoquant des achats de terres par des étrangers. Encore récemment on a pu vivre dans les pages de la Terre de chez nous, une saga sur des ``méchants`` Chinois en Mercedes noire qui se sont avérés de ``gentils`` Chinois de Montréal. Lorsque L’UPA n’en veut pas aux étrangers, elle s’en prend aux compagnies. 

 

L’ancien président de l’UPA, Christian Lacasse y est déjà allé de propos essayant de dévaloriser la valeur des actions menées par La Vie agricole dans un éditorial de La Terre de chez nous en s’interrogeant sur qui sont donc ces compagnies derrière ce journal privé et indépendant qu’est La Vie agricole ? Voilà que Marcel Groelau réitère. Se peut-il qu’il soit aussi mal conseillé que M.Lacasse ?

Groleau saute dans l’avion pour calmer le jeu au Témiscamingue !

L’UPA au lieu de voir positivement l’intérêt de chinois de Montréal s’intéressant à l’exportation de luzerne lyophilisée vers la Chine comme nous en parlions dès le mois d’octobre, et tel que le souhaite le Conseil des plantes fourragères du Québec (CQPF),  a préféré créer des peurs sur les ``méchants`` Chinois qui achètent des terres (alors qu’une loi provinciale empêche tout étranger d’acquérir massivement au Québec tant qu’il n’est pas résident depuis au moins trois ans). Les peurs engendrées ont été telles que lorsque le discours a dérapé le président de L’UPA, Marcel Groleau, a dû se rendre d’urgence en avion accompagné de son journaliste de la Terre de chez nous au Témiscamingue pour calmer le jeu.

Les inc. sont-elles mal venues en agriculture ?

Le président de L’UPA s’en prend maintenant dans la première édition de mars de la Terre de chez nous, à La Vie agricole qui serait composée de méchantes compagnies `` inc.`` ! Est-il si suspect que cela d’être une ``inc.`` en agriculture dans cet univers d’entrepreneurs. Mais il est vrai qu’on ne sait pas trop si L’UPA a une bonne lecture du Québec moderne ! Pourtant M.Groleau lui-même est inscrit au registre des entreprises comme actionnaire d’une compagnie inc.  avec son frère Denis : la ferme DM Groleau Inc.  constituée en 1988 et immatriculée en 1995. À ce que je sache, M.Groleau est donc actionnaire d’une inc.et aussi éditorialiste dans un journal ! Il est vrai que celui-ci est quelque peu moins privé puisqu’il est la propriété d’un syndicat et donc un instrument de propagande plus que de liberté d’opinion ! Chacun son camp, mais je ne suis pas sûr du tout que celui de M.Groleau serve mieux l’agriculteur entrepreneur !

Il voit des ``méchantes`` inc. partout !

C’est aussi L’UPA qui rejette toute participation et investissement de compagnies, mêmes Québécoises, dans l’achat de terres agricoles, même lorsque de jeunes producteurs se félicitent de cette nouvelle approche comme solution à la problématique de la relève agricole.

Quelle est donc cette manie à l’UPA de toujours créer des épouvantails ? Une semaine on s’attaque au chinois, la semaine suivante à Patelli, pour son double rôle d’actionnaire et éditeur du seul journal privé et indépendant agricole au Québec ! Eh bien oui, M. Groleau, je suis actionnaire minoritaire d’une PME (chose pas rare au Québec et même en agriculture) et je tiens un éditorial dans un média libre ( chose pas rare non plus dans des sociétés démocratiques comme le Québec et le Canada!). Marcel Groleau s’en prend aussi à une compagnie très respectée dans le milieu agricole, Belisle et s’en prend aux Éditions Second Printemps qui réunit comme le nom l’indique des professionnels de l’édition! Que cherche-t-il ? Lorsqu’il laisse entendre que nous aurions des liens de financement avec le Conseil des entrepreneurs agricoles (CEA), rappelons-lui qu’il ne s’agit que du placement publicitaire que fait cette organisation dans notre média comme bien d’autres compagnies. Si M.Groleau souhaite  que l’UPA ou  l’ensemble de ses fédérations placent de la publicité dans nos pages, nous lui ouvrons grande la porte. Soulignons aussi que nous acceptons, si M.Groleau nous le demande, que notre logo et lien vers notre publication se retrouvent sur le site de l’UPA.

La Vie agricole, vecteur d’un débat nécessaire

Comment M.Groleau peut-il se permettre de faire un tel raccourci qui laisse entendre que La Vie agricole serait contre les plans conjoints ? La publication n’est ni pour ni contre, même si elle a l’objectivité de constater que les plans conjoints peuvent avoir des effets positifs ou négatifs selon la production dont il est question. Par ailleurs, rappelons que La Vie agricole est avant tout un lieu de débats, chose que M.Groleau sait très bien puisque nous lui avons offert à plusieurs reprises de s’y exprimer ( ce qu’il a fait au cours des dernières années très sporadiquement). Pour vous dire à quel point nous sommes ouverts, nous sommes même prêts à offrir à M.Groleau un partenariat pour qu’il publie une chronique dans notre journal. La Vie agricole est la seule publication à créer le débat agricole. Et la question sur le pluralisme syndical qu’il plaise ou non aux dirigeants de l’UPA se discute dans les champs. Il est de notre devoir à titre de média libre et indépendant d’en parler.

La vie agricole permet la circulation des idées et permet enfin le débat dans un monde agricole sclérosé et ce n’est pas tant par mes propos, mais plutôt grâce à la diversité exposée dans nos pages que ce soit par la participation de Yan Turmine, d’Yvon Picotte, de Nathalie Gentesse, de Stéphane D’Amato, de Mathieu Bock-Côté, de Pierre Nadeau et de tant d’autres plus occasionnellement !

L’Institut Jean-Garon vers un débat scientifique nécessaire !

Le débat est la base de la démocratie et c’est cet esprit de notre journal que le regretté Jean Garon aimait tant ! Nous sommes donc très fiers de travailler actuellement à la mise en place de L’Institut Jean-Garon qui saura donner la place dans la société québécoise au débat scientifique nécessaire pour le monde agricole. Nous sommes actuellement engagés à mettre en place une solide équipe apolitique qui pourra regarder et analyser les grands enjeux agroalimentaires et offrir des solutions pour un Québec moderne.

Le mur de Berlin a fini par tomber !

Il serait pourtant plus profitable à l’ensemble de l’agriculture au Québec que M.Groleau et ses conseillers, qui mettent plus d’énergie à traiter notre publication de feuille de chou où à critiquer le premier ministre lorsqu’il se réfère à l’un de nos articles, que ces messieurs agissent positivement pour une plus grande réussite du monde agricole.

Est-il si préjudiciable dans un Québec moderne de se poser la question du rôle du monopole syndical agricole ? Peut-on seulement imaginer qu’un Québec pluraliste serait plus bénéfique ? Est-il justifié de se demander pourquoi les plans conjoints (tout aussi nécessaires soient-ils dans certaines productions) sont encore après 40 ans sous le seul contrôle d’un seul syndicat ? Est-il interdit de poser la question de l’utilité d’assoir les syndicats, les consommateurs, les transformateurs, les distributeurs autour d’un débat sur la gestion des plans conjoints ? Alors que l’UPA s’évertue à défendre l’idée d’une ferme transmise de génération en génération, est-il criminel de se demander si une nouvelle génération non apparentée souhaite s’investir en agriculture, si elle a le droit de trouver d’autres avenues que l’héritage et la transmission intergénérationnelle pour arriver à ses fins ?

Mettre le couvercle pour faire toujours comme avant, d’autres l’ont essayé, mais un jour le mur de Berlin est quand même tombé malgré tous leurs efforts. Quand la modernité frappe à la porte, il est bien difficile de ne pas la faire entrer dans la maison !