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Non à un nouveau prélèvement " prosyndical " dans les cultures commerciales



Depuis l’été 2011, le Règlement sur la transmission des renseignements des producteurs de cultures commerciales du Québec, mieux connu sous le sigle SRDI, oblige tous les producteurs à transmettre à la Fédération des cultures commerciales dans les 24 heures ouvrables tout contrat de vente de céréales. 

Un constat d’échec

Près de 5 ans plus tard, une très faible minorité de producteurs respecte cette obligation (tout au plus 30 % selon les chiffres de la Fédération). Ce résultat témoigne de l’inutilité du SRDI pour les producteurs et se veut un véritable constat d’échec. La Fédération devrait reconnaître la volonté de la très grande majorité des producteurs de céréales qui s’exprime par la non-transmission des renseignements, et mettre fin au SRDI sans tarder.

Quand l’autocratie syndicale s’en mêle

Cependant, après plus de 40 ans de monopole, l’UPA et ses fédérations affiliées sont passées maîtres dans les stratégies visant à imposer à la majorité des entrepreneurs agricoles, les volontés syndicales de la minorité. Pour maintenir en vie artificiellement le SRDI, la stratégie présentement avancée consiste à vouloir pénaliser financièrement les producteurs au moyen d’un nouveau prélèvement " prosyndical ".

En résumé, les producteurs devraient verser à la Fédération un prélèvement additionnel pour toutes leurs ventes de grains (ex. : 1$ la tonne). Ces montants reçus seraient consolidés dans un fonds. Ceux qui transmettraient les renseignements exigés par le SRDI verraient leur prélèvement être remboursé par la Fédération, possiblement avec une petite prime de " fidélité syndicale " !

Voilà donc comment, au pays du monopole de représentation syndical imposé par la Loi sur les producteurs agricoles du Québec, on espère encore une fois imposer à la majorité des entrepreneurs agricoles le souhait d’une minorité syndicale.

À syndicat unique, vision unique

Pénaliser financièrement les entrepreneurs agricoles qui ne partagent pas la vision unique; privilégier des approches obligatoires lourdes et coûteuses; s’immiscer dans les transactions commerciales entre producteurs et acheteurs pour obtenir des informations confidentielles associées à des secrets de commerce, voilà la philosophie du syndicat unique qui vient également d’être dénoncée dans le rapport Gagné sur l’acériculture.

Cette fois-ci, dans le cas des céréales, la Régie des marchés ou le ministre de l’Agriculture doivent penser aux producteurs avant tout et empêcher une telle dérive du SRDI. La Fédération doit être rappelée à l’ordre. Elle doit refaire ses devoirs et proposer un outil volontaire de suivi des prix comme il en existe ailleurs au Canada et aux États-Unis dans le secteur des grains, voire au Québec dans le secteur maraîcher.

Nous devons dire non à un prélèvement qui ne vise qu’un objectif : imposer une discipline syndicale à une majorité de producteurs qui ne partagent pas la vision du syndicat unique.

 

Clément Leblanc, vice-président des Céréaliers du Québec