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Les défis du syndicalisme agricole

Yan TURMINE, agr.,

Plusieurs aimeraient croire que l’avenir du syndicalisme agricole au Québec passerait par l’accréditation de nouveaux syndicats. D’autres pensent qu’en ces temps tumultueux il est nécessaire d’avoir un seul syndicat fort. Mais si les défis du syndicalisme agricole étaient ailleurs, et que ce débat sur le monopole syndical n’était qu’une distraction qui nous éloigne des vrais défis qui sont ceux de mieux défendre les intérêts des agriculteurs, les intérêts de l’agriculture.

Je suis encore convaincu que de créer et d’accréditer une multitude d’organisations syndicales ne réglera rien aux défis du syndicalisme agricole.  Les défis sont ailleurs, les médias sociaux en sont un. Le groupe Facebook « Lait’quitable!!! » est un bon exemple avec ses 3328 membres. Sans moyens, ni cotisation, ni personnel, ce groupe privé Facebook a créé une plateforme  de discussion et de mobilisation en soutien à la gestion de l’offre. Il a été à l’origine de plusieurs manifestations qui ont eu écho dans la population  et dans la classe politique.  Les mauvaises langues diront qu’ils ont fait le travail du syndicat des producteurs de lait, qui lui n’était pas très visible. Dans les faits pendant que le syndicat officiel négociait la sauvegarde de la gestion de l’offre derrière des portes closes, le groupe Lait’quitable a réussi à mobiliser les producteurs et prendre le devant de la scène, au point de modifier l’agenda de discussion des gens de la fédération. 

Aujourd’hui, un groupe de personnes grâce aux médias sociaux peut arriver à mobiliser des milliers de gens autour d’une cause, sans structure, sans grands moyens, et de façon très efficace. Cette mobilisation peut être complémentaire aux actions des syndicats officiels, elle peut être aussi en compétition. Pour l’UPA cela va être un défi de gérer ces mouvements sur les médias sociaux. N’oublions pas que se sont ses membres qui s’y retrouvent et qui discutent des mêmes enjeux. Cela va devenir difficile de prendre certaines positions quand on sait que nos membres peuvent se prononcer en masse différemment.    

Deuxième défi qui attend l’UPA sera de concilier son rôle de gestionnaire des plans conjoints et de syndicat au service de ses membres. La gestion des plans conjoints relève des fédérations, cette gestion est de plus en plus complexe et fait appelle de plus en plus à des structures importantes et imposantes. Le producteur se sent des fois un peu seul face à ces structures, particulièrement lorsque celui-ci est en conflit (à tort ou à raison) avec celles-ci. Qui peut lui venir en aide? Normalement son syndicat, mais c’est son syndicat qui est responsable de la structure, gros problème ! C’est un problème de plus en plus présent, particulièrement avec le nombre de normes qui s’additionnent dans la gestion des plans conjoints. Les syndicats de base étaient et sont encore très utiles dans ce genre de situation, souvent c’est la première porte où le producteur va voir s’il a un problème, et souvent c’est là qu’il y trouve un appui, mais voilà on réduit leur nombre, et leur influence.  Si l’on veut garder nos plans conjoints, il y a une réflexion sérieuse à faire sur leur gestion et le rôle de l’UPA. Je ne pense pas que l’on peut être patron et syndicat en même temps.

La structure actuelle de l’UPA est capable de relever ces défis, nul besoin de la changer. Laissons seulement de la place aux nouvelles idées, à la transparence, c’est là que l’on verra le pouvoir de cette structure à relever les défis. 

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