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Un producteur contre le principe du magazine L’U



J’ai reçu il y a quelques jours le nouveau mensuel de l’Union des producteurs agricoles du Québec : le L’U.  L’UPA nous envoie ce journal gratuitement à la maison.  Il nous informe et nous résume ce qui se passe dans le monde agricole dans les différentes régions du Québec.  Ces articles ne sont pas signés et semble avoir comme mission première de promouvoir l’idéologie  de ce syndicat et de pourfendre et de mettre en doute  tout ceux qui questionnent, dénoncent ou s’opposent à ce puissant monopole syndical.

Dans ma région, le Témiscamingue, le L’U. du mois de mars résume la réunion du 10 février dernier portant sur «l ’accaparement des terres : un sujet chaud». Cette réunion était présidée par monsieur Marcel Groleau président national de l’UPA.  J’assistais à cette réunion et le résumé fait par le L’U. en est à l’image de l’UPA : c'est-à-dire, incomplet, biaisé et trompeur. Comme d’habitude quoi!  On nous a résumé dans cet article les propos de M. Groleau et les solutions proposées par l’ UPA, mais rien des interventions des producteurs présents.  Rien qui ne reflète la réalité, l’atmosphère, les propos et les inquiétudes des producteurs présents. Voici mon résumé en plus de quelques commentaires que je ne peux m’empêcher de souligner.  Moi je vais signer cet article contrairement à  ceux qui écrivent dans ce  nouveau journal de la désinformation.

Groleau sur des œufs !

Tout d’abord M. Groleau qui semblait marcher sur des œufs nous a expliqué à plusieurs reprises qu’on ne devrait pas parler d’accaparement des terres, mais bien plutôt de `’financiarisation`’ des terres.  Pour nous, surtout au Témiscamingue, le problème ce n’est pas le prix des terres.  On dirait que M. Groleau et son organisation n’ont pas encore réalisé que le marché immobilier au Québec, terres et maisons,  dans les derniers 15 ans a subi une augmentation vertigineuse. Pourtant les gens continuent d’acheter des maisons parce qu’ils ont les revenus nécessaires pour suivre et acheter malgré ces augmentations rapides.  Avec les tentatives de scandales, de diversions, de vilains chinois et de pauvre relève, cette organisation veut nous montrer comment elle travaille fort, mais surtout nous faire oublier les revenus de misère des agriculteurs, surtout ceux qui  ne sont pas sous gestion de l’offre, qui ne peuvent suivre l’évolution des prix du marché avec le salaire reçu. 

Cacher l’incurie de L’UPA

Ces diversions et scandales sont pour cacher l’incurie de l’UPA, le manque de négociations, de revendications et d’absence de luttes syndicales pour augmenter le revenu à la ferme pour que le prix des terres soit accessible pour la relève.  Si le syndicat faisait son travail, nous n’aurions pas un tel problème.  À la question posée à M. Groleau où je demandais : dans les derniers 10 / 15 ans quelles étaient les augmentations de revenu à la ferme obtenu par le syndicat pour pouvoir suivre l’augmentation du prix des terres ? Notre président national était fier de nous répondre qu’avec agri-investissement le taux permissible de subvention sur le total des produits vendus par la ferme est passé de 3.50% à 3.54%.  Grâce à ce changement de taux dont l’ UPA semble si fier, mon revenu a augmenté de 14,00$ (quatorze dollars), annuellement. Merci mon syndicat !

M. Groleau nous a encore surpris en déclarant que PANGEA  «l’accapareur de terres» du lac St Jean est devenu une bonne entreprise agricole parce qu’elle loue des terres aux agriculteurs et qu’elle cultive elle-même une partie de ses terres.

Enfin un Chinois… Mais de Montréal !

On a également essayé de faire le procès de cet agriculteur de Moffet qui essayait de vendre une partie de ses terres depuis 2 ans.  Huit acheteurs potentiels se sont présentés.  Il a finalement accepté une offre d’achat pour une partie de ses terres après que l’acheteur choisi soit venu à trois reprises et ait pris plusieurs échantillons et analyses du sol. Des démarches qui ont durées  plusieurs mois. Le but de l’acheteur: implanter une usine de déshydratation de luzerne pour exportation, dans une région dévitalisée. Le problème : c’est un agriculteur d’origine chinoise. M. Groleau est content.  Enfin un Chinois.  Ce que l’UPA ne veut pas dire et que l’article du journal ne dit surtout pas c’est que ce chinois est Québécois et qu’il habite le Québec depuis plus de 13 ans.  Scandale selon M. Groleau devenu voyant, économiste et accusateur.  ‘’Un tel projet serait non-rentable’’ selon lui et ‘’ne serait qu’un subterfuge pour un placement spéculatif’’.  

Le subterfuge pour nous, c’est M. Groleau et son syndicat déconnecté de la réalité qui encore une fois font diversion et cachent les vrais enjeux, (le revenu à la ferme), qui prennent des décisions et font encore des déclarations contre les intérêts de ses membres.

M. Groleau sans réponse

L’article du L’U. qui  nous rapporte que selon M. Groleau :’’ il faut des règles claires ‘’ pour contrer cet accaparement des terres. Un producteur lui a alors demandé : qu’est-ce qui manque, selon vous, à la loi sur la protection du zonage agricole pour avoir des règles plus claires et contrer cet accaparement .  M. Groleau a préféré ne pas répondre…

Conter 100 fois une menterie devient une vérité !

J’ai également entendu plusieurs producteurs demandés à notre président d’arrêter de parler d’accaparement des terres dans une région où 50% des terres sont en friche ou à l’abandon et qu’en plus avec la faillite ou l’abandon   de près de  50% des producteurs de bœuf du Témiscamingue ,(suite au bon travail de l’UPA), encore plus de terres sont inoccupées et laissées à l’abandon. Est-ce qu’un vrai syndicat qui a à cœur l’intérêt de l’agriculture et de ses membres accepterait aussi facilement de perdre près de la moitié de ses membres sans qu’il crie au scandale sans qu’il ameute la population, les députés, le ministre de l’agriculture, sans réclamer haut et fort des changements importants  ou le retour de l’assurance stabilisation sur la vache plutôt que sur le veau ? Non ce syndicat préfère nous tromper et s’inspirer de Fred Pellerin qui disait : raconter 100 fois une menterie et  ça vous reviendra comme une vérité.  Vous voyez le genre de syndicat qui nous représente ?

Oui aux accaparateurs de terre !

Nous au Témiscamingue M. Groleau, on en veut des accapareurs de terres, parce que les villages se vident les commerces et les services disparaissent.  C’est désolant de voir ces belles terres agricoles abandonnées parce que depuis plusieurs années la population locale du Témis ne peut et ne veut mettre en valeur toutes ces terres. On aurait voulu en vivre et non y survivre et être au bout de la cent, mois après mois et année après année. On aurait aimé être appuyé par notre syndicat qui nous coûte la peau des fesses  L’UPA pendant ce temps s’oppose, dénonce et fustige l’achat et le développement des terres par des producteurs  qui viennent de l’extérieur du Témiscamingue.

Pour nous l’ennemi ce n’est pas celui qui veut investir dans nos terres et les mettre en production. Encore une fois c’est l’UPA qui est dénoncée et qui travaille contre des entrepreneurs agricoles qui veulent venir vivre dans notre région.

Quand le magazine L’U en oublie des bouts !

Il y a eu également cet autre producteur qui s’est levé et poliment et patiemment à 3 reprises a lu une proposition pour pouvoir consulter l’assemblée. Cette proposition demandait à M. Groleau d’arrêter de parler d’accaparement des terres, que les résidents du Témis, ne peuvent sans aide de l’extérieur mettre toutes ces terres en production. M. Groleau n’a jamais donné suite à cette proposition trop embarrassante pour lui. Le L’U a oublié d’en parler.

Avant de terminer, revenons à la solution de l’UPA et de M. Groleau pour contrer l’accaparement des terres. Pour eux, il faudrait limiter l’achat ou la vente de terres à 100 hectares par année. Dans notre région les terres de 1000 acres ne sont pas rares.  Un autre point soulevé dans l’assistance demandait à notre président ce qu’il proposait pour cette fermière de Laforce qui vient de perdre son mari et qui a 1000 acres à vendre. Que se passe-t-il pour le producteur qui fait faillite, pour celui qui divorce, pour ceux qui veulent réorienter leur carrière, pour celui qui vieillit, qui tombe malade et pour ceux qui n’en peuvent plus de seulement pouvoir survivre financièrement en agriculture et tous ceux qui en ont plein le dos de cette dictature syndicale dans lequel on n’a pas le droit à la dissension.

 

 Michel Duclos, président

Union des agriculteurs libres du Témiscamingue

Crédit Photo: Lucie Charest