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Le droit de penser et d'exister



 Selon les prétentions de l’Union des producteurs agricoles (UPA), le ministre québécois de l’Agriculture Pierre Paradis devrait perdre son poste parce qu’il a octroyé un soutien totalisant 55 000 $ au Conseil des entrepreneurs agricoles (CEA) et à L’Union paysanne.  

Les Céréaliers du Québec et l’Association de défense des producteurs de bovins du Québec, deux des associations membres du CEA, tiennent à rappeler que la Loi sur les producteurs agricoles du Québec et les autres règlements relevant du même ministre, accordent au monopole reconnu de l’UPA des moyens financiers grandioses et récurrents, année après année, par l’imposition de cotisation et de prélevés obligatoires auprès des producteurs.  Ces sommes d’argent sont notamment utilisées à des fins d’activités de lobbying par l’UPA auprès du gouvernement, à l’encontre des recommandations des rapports commandés par le ministère, voire même pour poursuivre ses propres producteurs membres dans certains cas !  Il  est donc totalement acceptable dans un processus démocratique comme celui que nous vivons en agriculture qu’un ministre, qui dit vouloir être le ministre de tous les agriculteurs québécois, accorde un soutien bien minime à l’expression des différentes voix en agriculture.  


Si l’on souhaite mettre fin à cette pratique, la seule option est la suivante : modifier rapidement la Loi sur les producteurs agricoles pour permettre à plusieurs syndicats reconnus d’avoir droit aux mêmes leviers financiers prévus par la Loi pour soutenir leurs actions et représenter leurs membres.  Qui plus est, à notre connaissance, différents groupes environnementaux, sociaux ou communautaires notamment, reçoivent des fonds publics pour participer aux réflexions sur leurs enjeux respectifs ou encore faire des pressions politiques. 

Nos associations tiennent plutôt à féliciter le ministre Paradis pour son ouverture à l’endroit de toutes les opinions en agriculture, et pour sa détermination à demeurer maître de l’agenda politique malgré les pressions indues qui sont appliquées. À ce titre, le ministre Paradis mérite l’appui de ses pairs. 
L’agriculture du Québec n’appartient pas à un syndicat ! 

 Louis R. Joyal, président des Céréaliers du Québec et  Adrien Breault, président de l’Association de défense des producteurs de bovins