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Pierre-Karl quitte la politique après avoir jeté les bases d’une nécessaire coalition souverainiste !

Yannick PATELLI ,

Pierre-Karl Péladeau vient d’annoncer, il y a quelques minutes, sa démission à titre de chef du Parti Québécois, au moment même, où depuis quelques semaines, il tentait de créer une coalition de partis autour du projet de souveraineté. S’il est de rigueur de ne pas s’épancher sur le drame humain que l’homme traverse, il est tout à fait intéressant de relire ce passage des mémoires de l’ex-ministre péquiste Jean Garon, l’un des fondateurs de la coalition qui a permis la création du Parti québécois, lorsqu’il s’exprime sur la nécessité de créer une coalition souverainiste et indépendante dans les années 60.

Dans ses mémoires Pour tout vous dire, coéditée par La Vie agricole et VLB Éditions, Jean Garon écrivait : `` À Québec, autour de l’Assemblée nationale, il y a des lieux de rencontre, restaurants ou bars où les politiciens, les militants de tout acabit et les journalistes ont l’habitude de se croiser de façon informelle. Dans les années 1960, le Chalet suisse, un restaurant de la Place d’armes, près du Château Frontenac, était l’un de ces endroits, reconnu pour attirer surtout une clientèle nationaliste.  On y finissait la soirée autour d’un verre en discutant des évènements de la journée ou du Québec de demain.``

Il y rapporte ses échanges avec René Lévesque alors que celui-ci était encore membre d’un gouvernement fédéraliste et membre de l’opposition qui de notoriété publique dirigeait l’aile nationaliste de son parti.

À la page 86, Jean Garon écrit : `` L’élection avait confirmé que les souverainistes n’allaient nulle part en étant désunis. Il y avait cinq partis ou mouvements de toutes tendances, de gauche comme de droite. Comment recoller les morceaux ? Pour moi, il était clair qu’il fallait un chef suffisamment fort pour amener toutes les parties à faire des compromis et à se réunir autour de l’objectif commun de la souveraineté et ce leader ne pouvait être que René Lévesque. Si nous ne réussissions pas cette union, le risque de voir la Révolution tranquille déboucher sur la violence était réel. (…) L’alliance que je lui proposais lui est vite apparue essentielle à la coalition qu’il avait en tête. (…) Elle devait évidemment être souverainiste et, chose très importante à ses yeux, libérée du carcan des caisses électorales occultes qui l’avaient tellement dégoûté chez les libéraux. (…) À compter de l’automne 1967, les choses se sont mises en branle ( …) entre ce moment et la fondation du Parti québécois le 14 octobre 1968 (…)``

La relecture de ces passages dans le livre des mémoires de M.Garon résonne tout particulièrement  en cette journée où M. Péladeau quitte le monde politique alors qu’il tentait de mettre en place les bases d’une nouvelle coalition souverainiste, l’éternelle nécessité pour quiconque veut réussir le projet d'indépendance. Pierre-Karl Péladeau rattrapé par ses soucis familiaux n’aura pu incarner l’homme providentiel qu’une telle coalition aura besoin. 

Si les forces politiques contre le fédéralisme ne peuvent se combattre au Québec qu’à l’aide d’une grande coalition souverainiste de gauche à droite, peut-être que les forces de la confédération de l’UPA ne peuvent se combattre dans le monde agricole que par une large coalition de diverses organisations agricoles de gauche comme de droite. 

Crédit Photo: Radio-Canada