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Les fossoyeurs des producteurs de bœufs



En agriculture plusieurs se demandent encore qu’est-ce qui est arrivé pour que presque la moitié des éleveurs de bœuf du Québec soient obligés de cesser leur production.  Alors qu’on avait pour protéger nos revenus agricoles une assurance stabilisation qui protégeait notre revenu des fluctuations du marché. Cette assurance était payée 1/3 par le producteur 1/3 par Québec et 1/3 par Ottawa et le tout administré par la financière agricole du Québec, organisme paragouvernemental.

L’avenir et la sécurité financière des éleveurs de bœuf se sont joués en 2008. On était encore à ce qu’on a appelé ‘’ la crise de la vache folle ‘’. Pourtant malgré des prix dérisoires nous avions réussi depuis 5 ans à survivre pauvrement, mais à survivre grâce à notre assurance stabilisation du revenu agricole (A.S.R.A.).

Colbex-Levinoff, un achat par la FPBQ 25 fois trop cher fait en secret!

L’abattoir  Colbex-Levinoff évalué par la municipalité à 2,5$ millions de dollars (terrain et bâtiment) a été payé en grand secret,  62,5$  millions de dollars par la fédération des producteurs de bœuf (F.P.B.Q.). Lors de l’achat et pendant 2 ans les producteurs-payeurs n’avaient pas le droit s de savoir combien la fédération avait payé et pendant combien de temps les producteurs devraient payer.   Pour rentabiliser l’abattoir, la fédération nous demandait ‘’ d’arrêter de garder vos vaches ‘’. L’abattoir avait besoin d’un volume de  vaches plus considérable pour rencontrer les dépenses et devenir plus rentable.

De son côté la Financière agricole du Québec (F.A.D.Q.), chargée d’administrer l’assurance stabilisation pour les produits du bœuf devait compenser de plus en plus  le manque à gagner des éleveurs tellement les prix étaient inférieurs  au coût de production.

Ce que nous apprend la loi d’accès à l’information

La Financière, grâce à la loi d’accès à l’information, nous apprend que suite à l’évaluation du programme A.S.R.A. , les constats suivants ressortent pour le secteur veau d’embouche :

-La problématique principale: les revenus de vente sont insuffisants.
-Le poids des veaux vendus ne correspond pas au poids d’entrée recherché par la majorité des parcs d’engraissement.-

-Près de  58%,  des revenus du secteur proviennent de l’A.S.R.A., ce qui n’est pas viable pour la survie du programme à long terme.
-Des discussions avec la Fédération des producteurs de bœuf ont mené à l’adoption d’un plan d’action pour le réalignement du secteur.

La Fédération au coeur du système

La Financière évalue qu’en 2008 elle devra débourser 21,3 $ millions de dollars supplémentaires pour le secteur du bœuf et qu’en 2009 le montant supplémentaire à payer aux producteurs par l’assurance stabilisation sera de 31,9 millions.  La Financière agricole doit donc verser des compensations financières de plus en plus élevées pour compenser la faiblesse des prix payés aux producteurs.  Mais  ils ont surtout  peur pour la pérennité du programme à long terme. À l’époque c’est monsieur Michel Dessureault qui est président de la fédération des producteurs de bœuf (F.P.B.Q.). Il est également président du conseil d’administration de Agri-tracabilité Québec (A.T.Q.), qu’il contrôle avec 5 présidents régionaux de l’UPA, 1 représentant de la Financière agricole et 1 représentant du ministère de l’Agriculture (MAPAQ).

Donc, notre fédération et A.T.Q. ont participé activement avec la Financière agricole à l’adoption d’un plan d’action  pour le réalignement du secteur du veau d’embouche et du bœuf en général.

Un recours collectif ?

Nous avons donc les deux organisations reconnues officiellement par notre gouvernement pour protéger, défendre et promouvoir le développement agricole et ses entrepreneurs  qui se mettent d’accord pour changer les règles du jeu, en secret, au sujet de l’assurance stabilisation.  Ils décident de changer l’assurance qui coûte trop cher en compensation pour la vache vers le veau pour économiser sur le dos des éleveurs de bœuf malgré l’opposition quasi unanime des producteurs. La survie du programme semble avoir été plus importante  que la survie des éleveurs de bœuf. On ne pensait pas se faire tirer dans le dos par notre syndicat. 30 à 50 % des membres, dépendant de la région, n’ont pu survivre à cette trahison syndicale. Pourrait-il y avoir possibilité de recours collectif ?

Pour la Fédération des producteurs de bœuf, l’horizon s’éclaircit.  En changeant l’assurance stabilisation de la vache vers le veau ils peuvent espérer que les producteurs ‘’arrêtent  de garder leurs vaches’’ et que le volume de  vaches désiré  pour empêcher la faillite de l’abattoir soit enfin au rendez-vous.

Entente UPA et ATQ ou complot ?

En plus, la Financière s’engage si l’UPA accepte ce changement, à ce que A.T.Q.  devienne l’UNIQUE  source d’information pour établir le volume assurable des produits du bœuf.   Aussi, à compter de 2009, la Financière agricole utilisera uniquement les informations de  A.T.Q. pour les vaches, les taures, les veaux et les taureaux.  En plus la Financière obligera les producteurs à respecter les règles et délais prévus par  A.T.Q..

Si nous comprenons bien  ‘’le plan d’action élaboré’’ :  La Financière propose d’acheter notre syndicat avec l’argent qui devrait normalement être dû aux producteurs en échange de plus de contrôle et de pouvoir de la part du syndicat  sur ses membres par l’intermédiaire d’A.T.Q.. Ou est-ce le contraire, le syndicat propose à la Financière en échange des millions qui  seront dus aux producteurs d’avoir le contrôle total sur tous les produits du  secteur du bœuf ?   

Désolation, nous avions déjà le genou à terre après 5 ans  de ’’crise de vache folle’’.  Le ‘’plan d’action  élaboré’’  par nos deux organisations de soutiens aux producteurs ressemble plutôt à un complot contre nous producteurs qui devront en subir les conséquences sans être consultés.

Avons-nous entendus des ‘’mea culpa ‘’, des regrets, des excuses de la part de ces deux détrousseurs qui semblent se disputer le trophée à qui aurait le moins de respect pour nous agriculteurs?

Toujours la faute des autres !

Au contraire M.Viel nouveau président de la Fédération des producteurs de bœuf après M. Dessureault a toujours accusé les producteurs de bœuf d’être responsables de la faillite de l’abattoir parce qu’il n’y a pas ‘’ le canal unique’’. Ce syndicat des abus de pouvoir et des abus de confiance à répétition n’a aucun remord car cette organisation que nous payons grassement n’a jamais tort; c’est toujours la faute des autres.

Démission, démission !

M.Viel, devant ce constat nous vous demandons des excuses officielles de la part de la Fédération et de la part de la Financière agricole pour tous les drames familiaux que vous avez créés chez tant de familles de producteurs. Les premiers à tomber bien sûr sont ceux de la relève et la petite ferme familiale. M. Viel,  nous demandons votre démission.  Ce n’est pas le genre de syndicat qu’on veut. Dehors vous et ce syndicat roi des abus en tout genre.

L’ATQ sous la responsabilité de la secte syndicale

Monsieur le ministre, nous  tenons également le gouvernement responsable d’avoir laissé à ce syndicat malhonnête la possibilité de vendre ou d’échanger ses membres pour plus de contrôle et de pouvoirs.  Jamais A.T.Q. n’aurait dû être sous la responsabilité unique de cette secte  syndicale.  Prenez vos responsabilités; rapatriez A.T.Q au sein du ministère de l’Agriculture  pour le mieux-être des producteurs. Il y a trois rapports  monsieur  le ministre qui demandent  l’abolition de l’accréditation unique. N’oubliez pas que nous sommes des entrepreneurs autonomes propriétaires de petites et moyennes  entreprises dans lesquelles nous avons investi patiemment des centaines de milliers voir des millions de dollars et sommes chamboulés par une organisation hors de contrôle  qui agit comme si elle était notre patron et surtout qui nous traite comme si elle était le patron même si ce sont nous les producteurs qui payons  leurs factures en tout genre. Faites-nous plaisir s.v.p., l’agriculture c’est le travail de toute une vie.                           

 Michel Duclos   Unions des agriculteurs libres du Témiscamingue

Crédit Photo: Lucie Charest