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L’UPA prend le contrôle du sirop d’érable des Québécois.



La nouvelle est tombée hier, la Régie des marchés agricoles et alimentaires du Québec donne à un syndicat de l’UPA le droit de contrôler 5 millions d’entailles supplémentaires dans le sirop d’érable en plus du droit de fixer elle-même les hausses de quota des années à venir. Cela revient donc à donner le contrôle complet d’un secteur alimentaire à un syndicat déjà en situation de monopole. Le Québec peut être fier de n’avoir rien à envier aux régimes totalitaires. 

 

Rappelons-nous que le système de quota mis en place au début des années 2000  a été fait sans aucun référendum auprès des producteurs.  Pendant les années suivantes, le syndicat a poursuivi des centaines de producteurs, multiplié les perquisitions et exercé surveillance pour faire taire toute contestation du régime. Dix ans plus tard et avec l’aide de régisseurs complaisants, le Québec vient de livrer, pieds et poings liés, un autre secteur alimentaire à l’UPA. En 2016, est-ce à un syndicat en situation de monopole de contrôler les fermes et le garde-manger des québécois?

N’oublions pas le niveau d’improvisation de la démarche alors que la Fédération des producteurs acéricoles a changé à trois reprises le montant d’entailles demandées à la RMAAQ. La demande initiale parlait de 480 000 entailles. Le 22 mars dernier, en audience, la FPAQ demandait plutôt 2,35 millions d'entailles. Finalement, le 7 avril suivant, lors d’une audience téléphonique supplémentaire, la FPAQ a de nouveau changé sa demande pour l’établir à 5 millions d’entailles. Comme si doubler le nombre d’entailles pouvait se décider sur le coin d’une table sans aucune consultation des producteurs concernés. Un monopole? C’est ça!

Pendant ce temps, malgré une explosion de sa demande initiale, la FPAQ n’a pas changé son nombre d’entailles pour la relève agricole : 40 000 entailles. Soit environ un millième du volume de production.

Deux éléments nous apparaissent intéressants. La Régie des marchés agricoles apparaît de plus en plus affaiblie. Elle n’a pas du tout pris en compte le rapport Gagné et, sans aucune analyse du marché, a confié 5 millions d’entailles à un syndicat. Elle confirme ce qu’un nombre grandissant de groupes déplorent : La Régie des marchés agricoles ne remplit pas son mandat et ne protège pas adéquatement les agriculteurs. Elle manque de financement, n’a pas les services d’analyse technico-économique adéquats, et plusieurs des anciens régisseurs n’ont visiblement pas compris le rôle de chien de garde que la Régie devrait exercer. Alors que ses décisions peuvent être capitales, le laxisme actuel commande des réformes de la part du ministre Pierre Paradis. 

L’autre élément est qu’il est évident que quelque chose a fait changer la FPAQ de cap et c’est la peur que le ministre de l’agriculture Pierre Paradis applique le rapport Gagné. On peut donc en déduire que nous avons…un ministre de l’agriculture et non un ministre de l’UPA. C’est un début.

 

Source : Union paysanne, Benoit Girouard, président